
Le violon, cet instrument merveilleux qui nous fait vibrer… Nous pouvons jouer du violon seul, ou à deux violons, avec un piano, ou un violoncelle, dans un ensemble de musique de chambre ou un orchestre. Nous pouvons jouer du baroque, du classique, jazz, rock, de la musique traditionnelle, qu’elle soit irlandaise, québécoise ou roumaine…
Les possibilités sont infinies mais, afin de pouvoir faire de la belle musique avec cet instrument, il faut apprendre les bases techniques qui nous donneront les clés et les outils nécessaires.
Mon cours d’initiation au violon est divisé dans deux parties, l’une dédiée à la main droite, la main de l’archet et l’autre dédiée à la main gauche, la main du violon. Nous allons commencer d’abord par la main droite, car, avant de jouer les notes qui formeront les mélodies, nous devons apprendre comment produire un très joli son, en tirant l’archet sur les cordes.
Chaque leçon contiendra des vidéos d’explications, des exemples que je vais jouer sur mon violon, ainsi que des Playalong où vous, vous allez jouer sur un accompagnement. Les leçons auront également des notions de solfège, des fiches aide-mémoire et des partitions à télécharger.
Alors, êtes-vous prêts à découvrir le violon et apprendre à en jouer ? C’est parti !
Le violon est un instrument de musique né en Italie au XVI° siècle.
C’est un instrument à cordes, de la famille des cordes frottées. Tout comme l’alto, le violoncelle et la contrebasse, le son du violon est produit en frottant ses cordes à l’aide d’un archet.
Nous pouvons également pincer ses cordes, faire du pizzicato, tout comme les instruments de la famille des cordes pincées : la harpe, la guitare, l’ukulélé, le banjo…
Enfin, il existe une troisième famille des cordes : les cordes frappées, comme le cymbalum et le piano.
Le violon est fabriqué en bois et il compte 85 parties qui forment la tête, le manche et le corps.
Les parties noires : les 4 chevilles, le sillet, la touche, le cordier et le bouton sont faites en bois d’ébène, un bois très résistant.
Le fond, les éclisses, le chevalet et le manche sont faits en bois d’érable.
Enfin, la table d'harmonie et l'âme du violon sont faites en épicéa. L’âme, que voici, est un petit bout de bois cylindrique qui se trouve à l’intérieur du violon, en dessous du chevalet. Il est très, très important, parce qu’il transmet les vibrations du son de la partie d’au-dessus, de la table d’harmonie, à la partie en dessous, au fond du violon. Et l’âme n’est pas collée, elle ne tient debout que par la pression des cordes et du chevalet. Donc attention, quand vous détendez les cordes, ne les détendez pas toutes d’un coup, sinon l’âme à l’intérieur risque de tomber.
Les 4 cordes métalliques du violon sont tendues entre les chevilles et le cordier et elles sont accordées du grave à l’aigu.
Pour nous aider à tenir le violon au cou, nous avons deux accessoires : la mentonnière et l’épaulière ou le coussin. La mentonnière est déjà fixée sur le violon et nous allons poser notre menton dessus. Si jamais les pieds métalliques de la mentonnière vous gênent, sachez qu’il existe des protège-mentons en tissu.
L’épaulière ou le coussin est un accessoire séparé. Nous allons l’installer sur le violon à chaque fois que nous voulons en jouer, puis nous allons l’enlever lorsque nous voulons ranger le violon dans son étui. Il est réglable, donc il faut essayer plusieurs positions jusqu’à trouver la meilleure adaptée à votre morphologie.
Tel que vous pouvez le voir avec ce coussin, avec cette épaulière de la marque KUN, il a une partie plus épaisse et une partie plus fine. Nous allons mettre la partie plus épaisse à gauche, du côté de la mentonnière et la partie plus fine à droite. Nous passons donc les pieds du coussin sur le bord du violon du côté de la mentonnière, puis de l’autre côté et nous les glissons petit à petit jusqu’à ce que le coussin soit droit. Donc il ne faut pas qu’il soit oblique. Voilà. Il faut que le coussin soit bien droit.
Faites plusieurs essais et assurez-vous d’avoir la bonne hauteur par rapport à votre cou et la bonne inclinaison du violon.
Lorsque nous ne jouons pas, nous allons tenir le violon par le cou ou par le corps, jamais par les cordes ou par les chevilles.
Pour jouer du violon, nous allons le mettre au cou, du côté de l’épaule gauche, sur la clavicule. Que nous soyons gaucher ou droitier, nous allons toujours tenir le violon du côté gauche et l’archet dans la main droite.
Une fois le coussin, ou l’épaulière, installé, nous allons poser le violon sur la clavicule gauche sans hausser l’épaule pour s’aider.
Ne pensez pas à aller vers le violon, mais emmenez le violon vers vous à l’aide de la main gauche. Trouvez une position commode, puis tournez le regard dans la direction des cordes. Ensuite, vous allez poser sur la mentonnière non pas le menton, mais le coin de la maxillaire.
Ensuite, essayez de lâcher la main gauche et de tenir le violon sans son aide.
N’hésitez pas à régler la hauteur des pieds du coussin, ou de l’épaulière. Je vous conseille un pied plus haussé du côté bas, le côté qui viendra sur la poitrine.
Le violon doit être à l’horizontale, donc parallèle au sol. Sa tête ne doit pas pointer vers le haut, ni vers le bas.
La tête du violon ne doit pas être vers l’avant, ni trop vers l’arrière, mais entre les deux.
Enfin, le violon ne doit pas être à plat, mais légèrement incliné.
Le temps de s’habituer à bien tenir le violon au cou, je vous conseille de tenir la main gauche sur l’épaule du violon.
Pour jouer du violon debout, nous allons rechercher une position du corps équilibrée, détendue et naturelle. Nous allons écarter légèrement nos pieds à la largeur de hanches et nous allons tourner légèrement les pointes des pieds en dehors. Nous devons repartir d’une manière égale notre poids sur les deux jambes. Ensuite, nous mettons le violon au cou et nous gardons la main gauche sur l’épaule du violon.
Pour tous ces exercices, je vous conseille de vous tenir au-dessus d’un lit ou d’un canapé.
1. Avec le violon au cou, amenez plusieurs fois la main gauche à l’épaule droite.
2. Vous vous habillez avec une chemise à boutons et vous vous déboutonnez et reboutonnez sans faire tomber le violon du cou. Bien sûr, au-dessus d’un lit ou d’un canapé !
L’archet est une baguette de bois sur laquelle est fixée une mèche en crin de cheval. C’est bien cette mèche qui va frotter les cordes du violon et produire le son.
La baguette est soit en bois de pernambouc, un bois du Brésil, soit en fibre de carbone, tel que c’est le cas avec ma baguette.
La mèche sera enduite de colophane, une résine de pin séchée, qui aide à mettre en vibration la corde. Si nous n’avons pas de colophane sur les crins, ils vont juste glisser sur la corde sans faire de son.
Voici une colophane neuve et voici ma colophane depuis plusieurs années.
Il existe plusieurs formes et couleurs de colophane, tel que vous pouvez le voir sur cette photo avec ma collection, mais elles ont toutes la même fonction : celle d’aider les crins à mettre en vibration la corde.
Attention, la colophane peut irriter les yeux et les voies respiratoires, donc essayez de ne pas la toucher directement, mais de la tenir à l’aide du tissu ou du petit revêtement en plastique.
Si vous avez touché la colophane, lavez-vous bien les mains au savon. Enfin, sachez qu’ils existent des colophanes hypo-allergènes, pour les personnes asthmatiques et celles qui ont des allergies.
Pour revenir à l’archet, en plus de la baguette et de la mèche, nous avons la tête (ou la pointe), puis, à l’opposé nous avons la hausse et sa petite pastille, le bouton que nous allons tourner vers la gauche pour détendre l’archet et vers la droite, dans le sens des aiguilles d’une montre, pour le mettre sous tension ; la poucette et la garniture.
Lorsque vous tendez l’archet, attention à garder une courbure vers la pointe, il ne faut pas que la baguette et la mèche soient parallèles, ni que la baguette fasse une bosse à cause de trop de tension.
Il faut qu’entre notre baguette et la mèche on ait un peu moins d’un centimètre, disons l’espace d’un crayon.
Puis, une fois que vous avez fini de jouer, n’oubliez pas de bien détendre l’archet et de le ranger dans l’étui.
Quant à la colophane, mettez-en toutes les deux ou trois fois quand vous jouez du violon, puis, régulièrement, essuyez avec un chiffon mou les cordes et la table d’harmonie sur laquelle la colophane va se déposer.
Et évitez de toucher avec les doigts la mèche colophanée, parce que vous allez enlever la colophane qui s’y trouve et vous mettre de la colophane sur les doigts !
Afin de bien visualiser la position des doigts sur l’archet, nous allons d’abord les placer sur… un crayon !
Nous allons tenir « l’archet » dans la main gauche, puis le placer entre les deux dernières phalanges du majeur et de l’annulaire droit comme ceci. Laissez l’espace d’un doigt et posez pareil l’index. Maintenant, placez le pouce arrondi en face du majeur. Nous allons toucher avec le bout du pouce, juste à côté de l’ongle. Pour finir, nous allons laisser à nouveau l’espace d’un doigt puis, poser le petit doigt debout sur le crayon. Il va toucher le crayon pareil, avec le bout du doigt, à côté de l’ongle.
Voilà ! Ceci est la position correcte des doigts sur l’archet ! Vous remarquerez que la main est un peu penchée sur la gauche, c’est bien correct.
Nous allons faire de même avec l’archet !
Imaginons que la baguette de l’archet est un crayon. Donc nous la tenons, la baguette, dans la main gauche, en faisant attention de ne pas toucher les crins, et nous allons ensuite venir avec le majeur et l’annulaire droit et nous allons les mettre sur la baguette, tel que nous l’avions fait sur le crayon, entre les deux dernières phalanges. Nous les baissons un peu afin qu’elles couvrent la hausse, ensuite nous allons poser l’index, pareil, entre les deux dernières phalanges, à une distance d’un doigt sur la poucette.
Le petit doigt se pose à une distance d’un doigt dans l’autre sens, debout, quant au pouce, il vient se poser sur le « U » de la hausse, sur le coin. Donc, pareil, nous allons le poser arrondi, à côté de l’ongle, sur le bout du doigt.
Vous allez remarquer que, la position est toujours inclinée vers la gauche.
Donc, pour récapituler, le majeur et l’annulaire sont couchés sur la hausse, l’index est éloigné d’eux à une distance d’un doigt, il est sur la poucette. Donc ne le mettez pas trop loin car vous allez tendre les muscles. Le petit doigt, il est arrondi, de l’autre côté. Il faut pas forcément qu’il soit sur la baguette ou sur le bouton, l’important est qu’il soit arrondi et qu’il ne soit pas au bout de l’archet Donc moi, je vous conseille de ne pas trop vous éloigner du bouton parce que vous ne voulez pas que la main monte sur l’archet : vous perdrez le grip. Donc gardez-le soit juste à côté du bouton, soit sur le bouton. Et, le plus important, le pouce, il faut qu’il soit arrondi. Si il est arrondi, vos muscles sont relâchés, sont détendus. Si le pouce est tendu, les muscles seront tendus aussi et vous ne pourrez pas jouer longtemps sans avoir mal. Donc, vous allez bien le mettre arrondi sur le bout de ce « U », ici, dans le coin. Donc ne le laissez pas passer à travers le « U » ou entre la baguette et les crins, mais mettez-le bien debout, ainsi.
Les clés d’une bonne tenue d’archet sont donc la position correcte et la relaxation. Si vous sentez une crispation, posez l’archet et détendez-vous la main. Donc secouez-la comme si vous aviez la main mouillée, ou si vous vouliez faire « au revoir ».
Avec l’archet à l’horizontale et une position correcte des doigts sur l’archet, nous allons appuyer sur le petit doigt pour renverser complètement l’archet. Maintenant, appuyons sur l’index pour le ramener à la position initiale. Donc petit doigt… index… petit doigt… index…
Le poignet droit joue un rôle capital dans la maîtrise de l’archet. Plus le poignet est souple, plus les changements des sens de l’archet seront fluides et quasi-inaperçus. Pour habituer le poignet à ces nouveaux mouvements, nous allons faire un exercice avec les mains nues.
Mettez la main droite pliée, avec les doigts relaxées vers le bas, au niveau du haut de la poitrine. Venez avec l’index de la main gauche et appuyez sur la jonction entre la main et l’avant-bras, pour envoyer le poignet vers le bas, se déplier dans l’autre sens. Maintenant amenez l’index gauche sous le poignet et poussez-le vers le haut, afin qu’il revienne à la position de départ.
C’est ce que j’appelle l’exercice de l’ascenseur. Faites-le plusieurs fois et retenez la sensation et la position du poignet plié et déplié, qui sera la même lorsque nous allons tirer et pousser l’archet.
Les cordes sont appuyées sur le sillet à une extrémité et sur le chevalet à l’autre extrémité. Entre les deux, elles sont dans le vide, prêtes à vibrer. Lorsqu’on met les cordes en vibration, soit en les pinçant avec les doigts, soit en les frottant à l’aide d’un archet, elles vont produire un son dont la hauteur dépendra du diamètre de la corde : plus la corde est épaisse, plus le son sera grave et à l’inverse, plus la corde est fine, plus le son sera aigu.
Cette vibration est ensuite amplifiée, car elle est transmise par les cordes au chevalet, à la table d’harmonie, à l’âme, puis au fond du violon. Toute la boîte de résonance du violon amplifie le son qui sortira ensuite par ces deux ouverture appelées les ouïes.
Lorsque nous allons poser les doigts sur les cordes, nous allons raccourcir la partie de la corde qui va vibrer : la corde ne va plus vibrer entre le sillet et le chevalet, mais elle va vibrer entre l’endroit où nous avons posé le doigt et le chevalet. Et plus cette partie est courte, plus le son sera aigu.
Les quatre facteurs majeurs liés à l’archet qui influencent le son sont : la vitesse, la pression sur les cordes, le placement et l’inclinaison de l’archet.
Parlons d’abord de la vitesse de l’archet. Plus on tire l’archet vite, plus le son est fort. Si on tire lentement, le son est faible. Mais si on tire vite et le son est fort, le son sera également assez court.
Le deuxième facteur est la pression sur les cordes, pression exercée par l’appui de l’index droit, avec sa deuxième phalange, sur l’archet. Plus nous appuyons la baguette sur les cordes, plus le son sera fort, mais si on appuie trop fort, le son sera grinçant.
A la pression, exercée par l’index, sur les cordes s’ajoutera également le poids du poignet. Donc il y aura plus de pression au talon que, par exemple, à la pointe où le poids de la main ne se fait plus ressentir.
Donc, lorsque vous partez du talon, n’appuyez pas trop fort, il y a déjà le poids du poignet, commencez à appuyer lorsque vous commencez à dépasser le milieu de l’archet.
Le placement. Nous allons tirer l’archet à mi-chemin entre la fin de la touche noire et le chevalet. Si nous venons trop vers la touche noire, le son devient plus faible et nous risquons de toucher des cordes voisines. Mais si on s’approche trop du chevalet, nous risquons d’arriver sul ponticello. C’est la dénomination pour le premier centimètre à partir du chevalet où le son est un peu sifflé, un peu étrange, donc ça peut être intéressant des effets sonores, mais pas forcément pour jouer une pièce lyrique. Donc le mieux c’est de jouer sur la portion centrale, à mi-chemin entre la fin de la touche noire et le chevalet.
L’inclinaison de l’archet. Afin d’avoir un très joli son, rond et riche, nous allons mettre à plat l’archet afin de gratter la corde avec tous les crins de la mèche. Si nous penchons l’archet, nous allons gratter seulement avec une moitié ou le quart de crins. Donc le son sera plus faible, moins joli. Mettez donc l’archet bien à plat sur les cordes !
Pour récapituler, un beau son sera le produit d’un équilibre entre la vitesse et la pression sur l’archet, avec l’archet tiré à mi-chemin entre la fin de la touche noire et le chevalet et avec l’archet à plat, afin d’avoir tous les crins sur les cordes.
Les allers-retours de l’archet sur les cordes s’appellent tiré et poussé. Tiré signifie que nous partons depuis le talon et que nous allons vers la pointe et poussé signifie que nous partons depuis la pointe et nous allons vers le talon. Nous pouvons également commencer à tirer plus haut sur l’archet, par exemple depuis le milieu, ce qui importe est la direction. Mais pour bien débuter, nous allons toujours commencer à tirer depuis le talon et commencer à pousser depuis la pointe.
Maintenant que vous avez la bonne position sur l’archet et que vous savez tenir le violon au cou, nous allons commencer à tirer sur les cordes à vide. Mettez-vous au talon de l’archet sur la deuxième corde (le LA), perpendiculaire, à mi-chemin entre la fin de la touche noire et le chevalet avec tous les crins à plat. Vous remarquerez que le poignet droit est plié, comme si c’était un bec d’oiseau ou comme si on avait mis du parfum sur le dos de la main et nous voulions le sentir.
Maintenant, nous allons commencer à tirer l’archet, en ouvrant le bras droit vers le bas. Essayez de garder tout le long l’archet perpendiculaire sur les cordes et essayez de ne pas y aller ni trop vite, ni trop lentement, pour que le son ne soit ni grincé, ni tremblotant.
Arrivés à la pointe, vous remarquerez que le poignet est déplié et les doigts assez tendus. C’est normal : ils vont se replacer lorsque vous allez revenir au talon. Donc repoussez l’archet et essayez de le garder toujours perpendiculaire sur les cordes.
Faisons plusieurs aller-retours devant un miroir afin de s’assurer que l’archet reste toujours perpendiculaire sur les cordes et que nous avons toujours la bonne position sur l’archet.
Maintenant, nous allons jouer plusieurs fois sur chacune de 4 cordes.
Avant de commencer, mettez-vous au milieu de l’archet sur la première corde. Vous remarquerez que le bras droit et l’avant-bras sont à côté du corps.
Maintenant, si on passe sur la deuxième corde, ils s’en éloignent. On passe sur la troisième corde, le bras et l’avant-bras sont encore plus hauts. Nous passons sur la quatrième corde et ils sont dans la position la plus haute.
Donc, ce sera le bras, et l’avant-bras droit, qui vont vous emmener d’une corde à l’autre, au bon angle, au plan de chaque corde.
Une fois au bon angle, nous allons ouvrir et refermer l’avant-bras pour tirer et pousser l’archet.
Faisons cet exercice : donc nous nous mettons au milieu de l’archet et nous restons quelques secondes. Ensuite, nous passons à la corde d’au-dessus. Nous attendons quelques secondes…
Maintenant, tirons l’archet sur chacune des cordes. Nous allons commencer avec la première corde, la plus aigüe, le MI. Mettez-vous au talon, perpendiculaire sur les cordes, avec le poignet bien plié et nous allons faire plusieurs aller-retours, essayant de garder tout le temps l’archet perpendiculaire, en ouvrant bien le bras vers le bas.
Bravo ! Maintenant, nous allons passer sur la corde LA, la corde suivante. Donc vous allez monter le bras droit, vous vous mettez toujours avec le poignet plié au talon et… partez !
Passons une corde plus haut, sur la corde de RE. Sur cette corde, nous aurons à nouveau deux voisins, donc l’angle doit être très précis. Lorsque nous ouvrons le bras, pensez à monter un peu vers la fin, quand vous arrivez vers la pointe le bras vers le haut, cela vous évitera de toucher la corde d’en dessous, le LA.
Donc essayons de faire ensemble 4 aller-retours sur la corde de RE.
Allons maintenant sur la corde la plus grave, sur le SOL. N’hésitez pas à bien monter le bras droit pour ne pas toucher la corde RE, d’en dessous. Et comme la corde SOL a le diamètre le plus grand, n’hésitez pas à bien appuyer sur l’archet, pour bien la faire vibrer.
Donc, faisons 4 aller-retours sur SOL ensemble.
A force de répéter, nous allons découvrir et apprendre le bon angle au talon, au milieu et à la pointe de l’archet sur chacune des cordes : SOL, RE, LA et MI. Et il faut toujours garder l’archet perpendiculaire.
Les notes musicales ont plusieurs caractéristiques : la hauteur, la durée, la nuance, le timbre. Aujourd’hui, nous allons apprendre sur la hauteur et la durée.
Pour nous aider à représenter la hauteur de notes, nous allons utiliser la portée. La portée est un ensemble de 5 lignes horizontales parallèles sur lesquelles nous allons dessiner les notes et autres signes musicaux (des altérations, des silences etc.).
La portée a donc 5 lignes que nous allons compter du bas vers le haut et 4 interlignes que nous allons également compter du bas vers le haut. C’est sur ces lignes et interlignes que vont se trouver les notes. Plus une note est grave, plus elle se trouvera dans la partie basse de la portée. Plus une note est aigue, elle se trouvera dans la partie haute. Pour les notes très graves et très aigues, nous allons utiliser des lignes supplémentaires.
Au début de chaque portée, nous allons toujours trouver une clef : un signe qui va nous indiquer dans quel registre nous allons jouer. Il existe 3 clefs : la clef de sol, la clef d’ut et la clef de fa, pour le registre grave. Le violon utilise seulement la clef de sol, donc c’est celle que vous allez toujours voir au début de chaque portée.
Dans la leçon précédente, nous avons appris à tirer l’archet sur les cordes à vide. Voyons maintenant quelles sont les notes que nous jouons et où se trouvent-elles sur la portée.
Nous allons commencer par la première corde, la corde la plus aigüe, le MI. Nous allons écrire cette note en haut de la portée, sur la dernière interligne. C’est la corde la plus brillante du violon et elle également appelée chanterelle.
Ensuite, vient la corde LA. Nous allons l’écrire plus bas que le MI parce que c’est une note moins aigue. Nous allons l’écrire sur la deuxième interligne de la portée, quand nous comptons du bas vers le haut.
Après, nous avons le RE, ma corde préférée. Nous allons l’écrire encore plus bas, juste en dessous de la portée, collé à la première ligne.
Enfin, la corde la plus grave du violon, aussi appelée le bourdon, la corde SOL. Le SOL c’est la note la plus grave qu’on puisse jouer au violon. Nous allons l’écrire en dessous de la portée, en utilisant deux lignes supplémentaires.
Et voilà, maintenant vous connaissez les noms qui correspondent aux 4 cordes à vide : MI, LA, RE, SOL. Ou, du grave vers l’aigu : SOL, RE, LA, et MI.
N’hésitez pas à vous entrainer à dessiner la clef de sol et les 4 notes sur des portées.
Faisons un exercice de lecture : essayez de reconnaître et de dire le nom de la note avant qu’il ne s’affiche à l’écran.
Maintenant que nous avons vu comment écrire la hauteur des notes, parlons de leur durée. Lorsqu’elles sont écrites ainsi, sans petite antenne et sans les colorier, les notes s’appellent des rondes, ou des whole notes en anglais, des notes entières, et elles durent 4 temps. Cela veut dire qu’il faut que nous comptions jusqu’à 4 lorsque nous les jouons. Voici un exemple avec une ronde de LA.
Sur notre portée, afin de l’organiser clairement et de faciliter la lecture, nous allons délimiter des segments qui s’appelleront des mesures. Les mesures seront séparées entre elles par des barres de mesure.
Nous pouvons les imaginer comme les wagons d’un train ou comme une maison toute en longueur, avec des chambres en enfilade. Nous entrons dans la maison grâce à la clé, puis, nous passons d’une chambre à l’autre et les barres de mesures feraient office de portes.
Après la dernière mesure, nous allons trouver la barre finale, constituée de 2 barres parallèles, dont la deuxième est plus épaisse. La barre finale nous signale la fin du morceau de musique.
Les mesures sont égales entre elles et leur taille est signalée par la signature rythmique qui se trouve au début de chaque pièce, après la clef de sol. Pour l’instant, nous allons apprendre la mesure de 4 temps, que nous allons remplir avec une ronde dans chaque mesure.
La signature rythmique de la mesure de 4 temps est le 4/4 ou le C.
Nous pouvons jouer des rondes sur n’importe quelle note. Voici en exemple 2 rondes de MI (une en tirant, une en poussant l’archet), 2 rondes de LA, 2 rondes de RE et 2 rondes de de SOL.
Maintenant, c’est à vous !
Et avant de faire les exercices, n’hésitez pas de regarder à nouveau la vidéo avec les facteurs qui influencent le son, afin de vous rappeler les principes de base.
Jusqu’à maintenant, nous avons joué des rondes qui duraient 4 temps. Maintenant, nous allons apprendre les blanches, qui vont durer deux temps seulement. Les blanches, ou half-notes en anglais, se dessinent comme des rondes, mais on leur ajoute une petite antenne, appelée hampe, du côté droit, vers le haut, lorsqu’il s’agit des notes dans la moitié basse de la portée, et une petite antenne qui descend du côté gauche, lorsqu’il s’agit des notes dans la moitié haute de la portée.
Nous allons devoir tirer l’archet deux fois plus vite afin de faire des notes de 2 temps seulement.
Nous pouvons également jouer les blanches à la même vitesse que les rondes, mais seulement sur des moitiés d’archet. Nous allons délimiter le milieu de l’archet. Je vous conseille soit de mettre une petite marque avec de la craie blanche, soit mettre un petit bout de papier.
Voici maintenant mon archet avec la marque au milieu. La moitié entre le talon et le milieu s’appelle la moitié inférieure de l’archet. La moitié entre le milieu et la pointe s’appelle la moitié supérieure de l’archet. Je vais maintenant jouer 2 blanches sur chaque corde, sur chacune des moitiés.
Jouons ensemble maintenant ces blanches sur des moitiés d’archet. Prêts ?
Tel que je le disais sur la vidéo d’introduction, nous pouvons également faire vibrer les cordes en les pinçant avec les doigts de la main droite. Cela s’appelle du « pizzicato », ce qui veut dire « pincé » en italien.
Nous pouvons faire le pizzicato tout en tenant l’archet dans la main mais, pour l’instant, nous allons poser l’archet et faire le pizzicato avec la main droite libre.
Tout d’abord, nous allons caler le pouce droit sur la touche noire. Cela nous donnera plus de stabilité et de précision. Ensuite, avec l’index nous allons pincer la corde souhaitée.
Nous allons toujours faire le pizzicato au-dessus de la touche noire et laisser la partie entre la touche et le chevalet pour l’archet. Donc ne faites pas le pizzicato ici, parce que vous allez mettre de la colophane sur vos doigts et de la transpiration sur les cordes. Faites le pizzicato au-dessus de cette partie de la touche noire, en laissant la partie basse pour les doigts de la main gauche, lorsqu’ils vont se poser.
Nous pouvons jouer les mêmes notes en pizzicato qu’en arco (donc avec l’archet), mais elles ne pourront pas être des notes très longues, car une fois que nous pinçons la corde et nous la mettons en vibration, le son est fait et il ne pas être prolongé. Donc nous allons jouer des notes courtes.
Je vais maintenant jouer 4 notes en pizzicato sur chacune des cordes, partant du MI vers le SOL. N’hésitez pas à les faire en même temps que moi. Attention à ne pas pincer trop fort la corde, pour ne pas la casser. Pincez la corde juste assez pour la mettre en vibration.
Faisons maintenant en pizzicato ce que nous avons fait avec l’archet dans la leçon précédente.
Pour l’instant, nous avons joué des cordes à vide sur une seule corde à la fois. Maintenant jouons des notes enchaînées sur des cordes différentes.
Nous allons commencer par une ronde sur la corde de SOL, en tirant, suivie par une ronde sur la corde de RE, en poussant. Lorsque nous arrivons à la pointe, nous allons marquer un petit arrêt, pour changer de plan de corde, puis repartir dans l’autre sens.
Donc essayons ensemble à faire 2 fois cet enchaînement.
Maintenant changeons l’ordre et faisons d’abord le RE, suivi par le SOL. Donc essayons 2 fois cet enchaînement.
Adaptons cet exercice aux autres pairs de cordes. Donc faisons RE-LA, RE-LA; LA-RE, LA-RE; LA-MI, LA-MI, MI-LA, MI-LA.
Avec la pratique, la petite pause pour passer d’une corde à l’autre sera de plus en plus courte, puis elle disparaîtra complètement, rendant l’enchaînement très fluide.
Jusqu’à maintenant, nous avons joué des notes détachées : une seule note par sens d’archet. Mais nous pouvons également lier des notes, donc jouer plusieurs notes dans un même sens d’archet. Nous allons commencer par la liaison entre 2 notes, en nous servant de la marque qui nous signale le milieu de l’archet.
Sur les partitions, la liaison est indiquée par cette ligne arrondie qui lie les deux notes.
Nous allons jouer deux blanches, en tirant, MI et LA, et 2 blanches en poussant, LA et MI. Nous allons donc commencer au talon, sur la corde MI, avec le poignet bien plié, tirer l’archet jusqu’au milieu de l’archet, puis monter le bras droit et passer vers la corde LA, tout en continuant de tirer. Lorsque nous arrivons à la pointe, nous poussons dans l’autre sens sur la corde LA ; arrivés au milieu, nous retombons sur la corde MI et nous jouons jusqu’au talon.
Faisons ensemble cet exercice.
Maintenant, nous allons jouer cet exercice d’abord sur la paire de cordes LA et RE, puis sur RE et SOL. Deux fois chaque paire.
Nous pouvons également lier 3 ou 4 notes par sens d’archet, mais pour l’instant, faisons des exercices en liant 2 blanches dans chaque sens d’archet.
Jusqu’ici, nous avons tiré l’archet sur une seule corde à la fois. Mais nous pouvons également jouer sur deux cordes en même temps.
Pour jouer les double cordes, il faudra ajuster l’angle de l’archet au milieu de deux cordes voisines que nous voulons jouer.
Pour faire cet ajustement, nous allons monter ou descendre le bras et l’avant-bras droit jusqu’à la hauteur désirée.
Ensuite, nous allons tirer et pousser l’archet, essayant de garder le contact tout le long avec les deux cordes. Si jamais nous perdons l’une d’entre elles, nous allons, sans nous arrêter, tout de suite ajuster le bras droit et essayer de retrouver les deux cordes.
Puisque nous n’avons plus qu’une, mais deux cordes à mettre en vibration, il faudra appuyer davantage sur l’archet. Donc appuyez sur l’index droit et faites sonner vos cordes, surtout si la paire de cordes jouée c’est le SOL et le RE, les cordes les plus épaisses ! Et accompagnez ce surplus de pression avec un peu plus de vitesse, afin d’éviter les grincements.
Jouons deux aller-retours sur chaque paire de cordes, en commençant par MI et LA.
Nous avons appris les rondes de 4 temps et les blanches de 2 temps. Aujourd’hui, nous allons apprendre les noires, qui durent un seul temps. En anglais, elles s’appellent a quarter note, parce que elles valent un quart de la valeur d’une ronde.
Pour résumer, la ronde dure 4 temps, elle peut être composée de 2 blanches, de 2 temps chacune et de 4 noires, d’un temps chacune. Donc, pour traduire les dénominations en anglais, nous avons une note entière de 4 temps composée par deux moitiés de notes et par 4 quarts de notes. J’insiste sur ce rapport pour mieux vous expliquer tantôt les signatures rythmiques.
J’aimerais vous présenter la blanche pointée qui dure 3 temps. Elle se dessine comme une blanche, et nous lui mettons un petit point à sa droite. Si la blanche est sur une interligne, le petit point sera également sur la même interligne. Mais si la blanche est sur une ligne de la portée, le petit point sera sur l’interligne d’au-dessus, jamais sur celle d’en dessous. Donc, la blanche pointée dure 3 temps. Deux temps d’une blanche habituelle, et le petit point lui rajoute la moitié de sa valeur, donc encore un temps. Nous allons trouver des blanches pointées accompagnées par une noire, par exemple, dans des mesures de 4 temps, ou bien seules, dans des mesures de 3 temps.
Nous avons joué jusqu’ici seulement dans la signature rythmique de 4/4, donc avec 4 noires dans chaque mesure. Aujourd’hui, nous allons apprendre aussi la signature rythmique de ¾, avec 3 noires dans chaque mesure. Si nous comparons les deux signatures rythmiques, vous remarquerez que pour les deux, le chiffre du bas est le 4. Reprenant le tableau de tout à l’heure, en langage musical, le 4 représente la noire. Donc, dans une signature rythmique, le chiffre du bas nous montre quelle est l’unité de mesure. Dans notre cas, c’est la noire. Le chiffre du haut, lui, il nous montre combien de ces unités se trouveront dans chaque mesure. Pour la mesure de 2/4, il s’agit de 2 noires, pour les mesures de ¾, il s’agit de 3 noires, et pour les mesures de 4/4, il s’agit de 4 noires (ou des durées qui totalisent 4 noires).
Suivant le même raisonnement, si nous avons une signature rythmique de 3/2, cela signifie que nous allons compter la blanche et qu’il y aura 3 blanches dans chaque mesure, ou des valeurs totalisant 3 blanches. Ces mesures, comptées à la blanche, sont très rarement utilisées aujourd’hui, elles étaient surtout populaires à l’époque baroque. Dans les partitions que vous allez jouer, vous allez trouver le plus souvent, comme unité de mesure, la noire, donc le chiffre 4.
Maintenant que vous connaissez les rondes, les blanches pointées, les blanches et les noires, sachez que, à chacune de ces durées de notes jouées correspond une durée de pause, ou de silence.
Voici donc les silences : nous avons d’abord la pause, c’est le silence de 4 temps qui correspond à la ronde. La pause se dessine comme un rectangle noir, accroché à la 4ème ligne de la portée.
Ensuite, le silence qui correspond à la blanche, c’est la demi-pause, le silence de 2 temps. Il se dessine au-dessus de la 3ème ligne de la portée, pareil, comme un petit rectangle noir. Ces deux silences sont assez similaires, mais vous pouvez toujours procéder par déduction : donc, si vous avez des mesures de 4 temps et vous n’avez qu’un seul silence dans la mesure, c’est forcément une pause de 4 temps. Mais si dans la mesure de 4 temps vous avez déjà une blanche, puis un silence, il s’agira forcément d’une demi-pause, donc le silence de 2 temps.
Le silence d’un temps, correspondant à la noire s’appelle un soupir et il se dessine ainsi. Sur des partitions plus anciennes, vous pouvez le trouver également sous cette forme, mais elle a été délaissée parce qu’elle se ressemble trop au silence d’un demi-temps, le demi-soupir, que nous allons apprendre dans la deuxième partie de notre cours d’initiation.
Donc, pour récapituler, la pause de 4 temps, la demi-pause de 2 temps, le soupir d’un temps, et aussi la demi-pause pointée correspondant à la blanche pointée, 3 temps.
Maintenant que nous avons appris toutes ces notions, appliquons-les sur des exercices !
Le cours d’initiation au violon – cordes à vide est la première partie du cours d’initiation au violon de Diana Cotoman. Avant d’apprendre à poser les doigts dans la deuxième partie, dans la première partie, vous allez apprendre :
· sur le violon et l’archet et leurs parties composantes
· comment tenir correctement le violon au cou et l’archet dans la main droite
· comment est produit le son au violon, quels sont les facteurs principaux qui l’influencent et comment tirer et pousser l’archet sur chacune des cordes
· différentes techniques et articulations au violon : arco, détaché, legato, pizzicato.
· jouer des doubles cordes
· notions de solfège (lecture de notes, durées, signatures rythmiques etc.)
Plusieurs vidéos seront accompagnées par des partitions à télécharger et à imprimer, ainsi que par des fiches aide-mémoire.
Chaque exercice est montré en exemple par Diana et vous êtes invités à les répéter plusieurs fois chez vous.
Ce cours vous offre l'équivalent de 2-3 mois de leçons hebdomadaires.