
Le Moyen Âge a élaboré la distinction entre foi et philosophie, non pour les séparer, comme le voudrait une certaine modernité trop sommaire dans ses jugements, mais pour mieux les unir. Dans un opuscule sur Les raisons de la foi, nouvellement traduit (par votre serviteur), saint Thomas présente la manière d’aborder les dogmes de la foi avec des interlocuteurs étrangers au christianisme. La foi ne craint pas davantage la raison que celle-ci n’est mise en danger par la Révélation.
Descartes prétendait faire table rase de toute connaissance précédente pour mieux recréer une pensée libre des pesanteurs du passé. Radicalisant l’intuition iconoclaste du philosophe en chambre (étourdi, sans doute, par les fumées de son « poêle »), Rousseau a prétendu que nous n’avions rien à apprendre. À l’orgueil et à l’ignorance est venu s’ajouter le ressentiment quand le marxisme s’est emparé de l’institution scolaire. Saint Thomas nous enseigne la voie du retour à la raison, si seulement nous daignons l’écouter.
La modernité philosophique se caractérise par la centralité du sujet au détriment progressif de l’objectivité du monde. De Descartes à Judith Butler en passant par l’idéalisme allemand, la philosophie moderne se caractérise par un nombrilisme (subjectiviste) de plus en plus déconnecté de la réalité auquel il est urgent de porter remède en remettant le réel au centre.
La culture contemporaine est à ce point imprégnée des dogmes freudiens qu’ils passent pour incontestables. Freud lui-même a tout mis en œuvre pour devenir le psychologue et psychanalyste par antonomase. Il n’y a que trop réussi, en dépit des squelettes qui encombrent son placard. Une autre psychologie philosophique est cependant possible, et il sera salutaire de l’appuyer sur les intuitions de saint Thomas.
Platon déjà notait que ceux qui emploient les mêmes mots en leur donnant un sens différent s’engagent inéluctablement dans un dialogue de sourds. De quoi parle-t-on quand on évoque l’évolution ? L’évolution est-elle l’antithèse de la création ? Et d’ailleurs, croire en la Création et être « créationniste », est-ce la même chose ? Le plus intriguant, philosophiquement parlant, est le dogmatisme passionné qui semble interdire tout débat en la matière, comme s’il était dangereux de seulement poser des questions et d’attendre des réponses convaincantes…
« Quoi de commun entre Athènes et Jérusalem ? » demandait Tertullien dans son traité sur La Prescription (chap. 7). Les deux héritages qui ont façonné l’Occident sont-ils pour autant incompatibles ? Depuis le temps des Pères, la question a resurgi à diverses reprises, car l’Europe n’a jamais cessé de vivre tiraillée entre deux pôles qu’elle a tantôt opposés l’un à l’autre, tantôt réconciliés autant que faire se pouvait. Une brève histoire de cette tension permettra de mieux appréhender le mouvement de la culture occidentale jusqu’à aujourd’hui.
L’art serait-il seulement une question de goût personnel et d’appréciation subjective ? On connaît l’adage : de gustibus et coloribus non disputandum, « on ne discute pas des goûts et des couleurs ». Mais un proverbe chinois dit, paraît-il, que « la moitié seulement des proverbes qui circulent sont vrais ». Qu’en est-il de ce proverbe lui-même, et de celui qui concerne les goûts et les couleurs ? Il faut décidément pouvoir en discuter ! La philosophie thomiste nous aidera à comprendre la frontière qui sépare l’art de l’imposture, car un Jeff Koons ne vaudra jamais un Van Eyck, ni un Marcel Duchamp un Fra Angelico, n’en déplaise à certains.
Le vingtième siècle a vu la montée en puissance des sciences sociales au sein de l’institution universitaire : sociologie, histoire, ethnologie, économie, démographie, psychologie aussi, dans une certaine mesure. Autant de disciplines qui exercent sur notre vision du monde une influence considérable. Or ces sciences sociales ne sont pas « neutres », et parfois plus idéologiques que proprement scientifiques. Ne se sont-elles pas développées, en effet, dans le sillage du positivisme, du marxisme et du scientisme typiques du XIXᵉ siècle ? De manière générale, une pensée séculariste militante sous-tend la sociologie et présente une vision du monde en rupture délibérée avec le christianisme. Il faut en comprendre la logique et les conséquences.
Derrière la diversité de ses manifestations au cours du XXᵉ siècle, le totalitarisme a toujours été démiurgique : l’homme s’est rêvé en dieu pour refaire un monde conforme à ses désirs, mais cette création a systématiquement tourné au cauchemar. On pourrait croire que nous en avons tiré de salutaires leçons pour l’avenir. Rien n’est moins sûr, car la tentation totalitaire ne nous a pas quittés, et se perpétue aujourd’hui sous un masque moins manifestement barbare, mais peut-être plus insidieux. 1984 n’est pas un roman sur notre passé : il est une clé de lecture du monde d’aujourd’hui, car il semble qu’oubliant de revenir à Dieu, nous n’ayons décidément rien appris de nos errements.
Notre époque se caractérise par des débats intenses autour de la vérité, du progrès, de l’éducation et du rôle de la raison dans nos sociétés. Ce cours propose une lecture critique des grands enjeux philosophiques modernes à la lumière de la tradition thomiste.
À travers un cycle de neuf conférences, nous explorerons des sujets tels que :
La distinction entre foi et raison et son importance pour le dialogue intellectuel.
Les fondements philosophiques des dérives actuelles en éducation et leur lien avec la pensée moderne.
Le passage progressif d’une philosophie de l’objectivité à un subjectivisme omniprésent et ses conséquences.
Une critique des dogmes freudiens et des alternatives pour une psychologie philosophique cohérente.
La question de l’évolution : débat scientifique ou dogme idéologique ?
La tension entre Athènes et Jérusalem dans la formation de la culture occidentale.
Une réflexion sur l’art et la beauté, face à l’imposture esthétique contemporaine.
L’influence du marxisme et du sécularisme sur les sciences sociales et leur impact sur la pensée moderne.
Les tentations totalitaires du XXᵉ siècle et leur persistance sous des formes nouvelles.
Ce cours s’adresse à tous ceux qui souhaitent développer un regard philosophique rigoureux sur les grands débats contemporains et mieux comprendre les tensions idéologiques qui traversent notre société.
Rejoignez-nous pour un voyage intellectuel à travers l’histoire des idées et redécouvrez la puissance de la raison saine !