
1- INTRODUCTION.
Le risque d’incendie est sans aucun doute le risque majeur le plus qu’on craint dans toutes les industries. C’est un fléau redoutable qui entraîne souvent de lourdes pertes matérielles et humaines. Pire que cela, et en fonction de son ampleur, il peut paralyser une partie importante de l’entreprise voire paralyser l’entreprise toute entière et la conduire à la fermeture définitive, c'est la raison pour laquelle on lui accorde une grande importance. On forme des professionnels en la matière pour le prévenir et le cas échéant le circonscrire le plus rapidement possible afin d’en limiter les dégâts et les coûts sur la marchandise endommagée, sur l’outil de travail détérioré, de l’arrêt de production causé…et autres conséquences plus dramatiques en cas de pertes en vies humaines.
Il est à noter dès le début qu’on ne peut généralement pas étudier le risque d’incendie et oublier le risque d’explosion du fait que l’agent causal (c’est-à-dire les causes) est le même, sauf que l’explosion, à la différence de l’incendie, est une combustion quasiment instantanée (c’est-à-dire qui se produit rapidement, soudainement).
C’est le risque professionnel que les chefs d’entreprises craignent sans exagération le plus… Pourquoi ?
C’est tout simplement parce que son impact peut-être catastrophique, que ce soit sur les travailleurs qui peuvent se trouver du jour au lendemain au chômage, sans emploi, voire y perdre la vie ; que ce soit sur les biens de l’entreprise, à savoir : les bâtiments, les ateliers, les équipements et les marchandises qui peuvent être détériorées ; que ce soit sur le voisinage du fait que les flammes en furie peuvent se propager vers l’environnement immédiat et provoquer une catastrophe à grande échelle.
La meilleure façon de protéger les entreprises contre ce danger menaçant est d’accorder une grande importance au volet « Prévention » dont la formation et le recyclage de professionnels en matière de sécurité incendie doivent occuper une place prépondérante et ce d’une manière régulière tout en mettant à leur disposition les moyens nécessaires dont-ils auront besoin en cas de nécessité.
Rappelons que les entreprises quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité sont exposées plus ou moins au risque d’incendie et d’explosion. D’ailleurs les médias ne cessent de nous informer, de temps à autre, de la disparition en fumées de tant d’entreprises qui étaient autrefois de haute renommée et faisaient la fierté d’une région et même d’un Etat.
Dépenser des sommes faramineuses pour la construction d’entreprises sans penser à leur protection contre les dangers qui peuvent les menacer est une erreur inacceptable et impardonnable.
Selon certaines statistiques les entreprises et dans 70% des sinistres disparaissent et leurs personnels sont mis au chômage.
Plus de 30% des incendies déclenchés ont pour causes les travaux par points chauds comme le soudage, le meulage, l’oxycoupage…L’électricité est responsable, quant à elle, d’au moins 20% de ces derniers.
Un incendie dans une usine de textile au Bengladesh en 2012 a fait 110 morts
2-DEFINITIONS
Passons maintenant aux définitions qui vont vous permettre de faire la différence entre ce que c’est qu’un incendie et ce que c’est qu’une explosion.
Qu’est-ce qu’un incendie ?
Un incendie : est un ensemble de phénomènes (c’est-à-dire de flammes, de fumées, de chaleur et de lumière) produits par la combustion d'une matière solide, liquide ou gazeuse.
Bref, c'est une combustion ou un feu incontrôlable qui se propage en causant des dégâts.
Selon Wikipédia : un incendie est un feu non maitrisé, ni dans le temps, ni dans l’espace, donc un incendie qui peut s’étendre (se développer, se propager) rapidement et causer des dégâts matériels, humains et environnementaux.
Qu’est-ce qu’une explosion ?
Une explosion : est une combustion (de gaz, de vapeurs ou de poussières inflammables) qui s'effectue à une très grande vitesse de propagation.
Elle libère brutalement une grande énergie qui peut donner lieu à une onde de souffle (pression) et/ou à une boule de feu. Notons que tous les gaz inflammables ont deux limites d’explosivité : la limite inférieure et la limite supérieure.
- La limite inférieure d’explosivité (LIE) est la concentration minimale d’un gaz inflammable, dans l’air, au-dessous de laquelle il n’y a pas d’explosion possible.
- La limite supérieure d’explosivité (LES) est la concentration maximale d’un gaz inflammable, dans l’air, au-delà de laquelle il n’y a pas d’explosion possible.
Exemples : Acétone 3 % -13 %, Acétylène 2,5 %- 82 %, Benzène 1,2 % -7,8 %, Éthanol 3 % -19 %, Éthylène 2,7 % -36 %, Gaz naturel 5 % -15 %, Heptane 1,05 % -6,7, Kérosène 0,6 %- 4,9 %, Propane 2,1 % - 9,5%.
3- QU’EST-CE QU’UNE COMBUSTION ?
Pour avoir une certaine idée claire sur les conditions de naissance des incendies, il est bien nécessaire de connaitre, avant tout, ce que c’est qu’une combustion et quels sont les éléments nécessaires à son déclenchement.
Cette même combustion nous permet également de bien faire la différence entre l’incendie et l’explosion en tant que combustions.
Une combustion est une réaction exothermique (c’est-à-dire productrice de chaleur) qui se produit entre deux corps : l’un combustible (tout ce qui peut brûler), l’autre comburant (oxygène présent dans l’air), en présence d’une source de chaleur (tout ce qui peut allumer un feu).
Pour le premier élément qui est le combustible, il s’agit de la matière combustible qu’elle soit sous forme solide comme le bois, le papier, la paille…ou sous forme liquide comme le mazout, l’essence, l’alcool à bruler…ou sous forme de gaz comme le butane, le propane, l’acétylène…
Pour le deuxième élément qui est le comburant, il s’agit là tout simplement de l’oxygène qui représente 21% de l’air ambiant qui nous entoure et qui forme le 1/5 de l’atmosphère terrestre.
Pour le troisième élément qui est la source d’activation ou source d’énergie, il s’agit des allumettes, des briquets, des surfaces chaudes, des étincelles mécaniques ou électriques…
On distingue 4 sortes de combustion, à savoir :
- La combustion lente :
C’est une oxydation qui se fait lentement et sans lumière (cas de la rouille), ou un feu couvant qui dégage des gaz et de la fumée.
- La combustion vive :
C’est un feu flambant qui dégage des flammes, de la chaleur et des gaz. C’est la combustion habituelle
- La combustion très vive :
C’est une explosion ou une déflagration brutale qui entraine une onde de souffle et/ou une boule de feu.
- La combustion instantanée :
C’est un feu qui s’amorce sans apport d'énergie, faible au début il finit par s'accélérer.
4- LES CLASSES DE FEU.
Les feux qu’on rencontre un peu partout, à l’usine, à la maison, au restaurant et ailleurs ne sont pas les mêmes. Ils sont classés en catégories selon le combustible (c’est-à-dire selon la matière qui brule).
Les professionnels en la matière classent ces feux en 5 catégories ou classes : à savoir, les classes (A, B, C, D et F) pour pouvoir les attaquer avec des moyens bien déterminés, bien spécifiques à chaque nature ou classe.
- La classe A ou feux dits secs : ce sont les feux de matériaux solides surtout les matériaux à base de cellulose (le papier, le bois, la sciure, la paille, les broussailles) dont la combustion entraine la formation de braises et dont l’extinction se fait par refroidissement.
- La classe B ou feux dits gras : ce sont les feux de liquides (l’alcool à bruler, les solvants…), d’hydrocarbures et leurs dérivés (le pétrole, l’essence, le goudron) et de corps gras (les graisses, les huiles). Leur extinction de se fait par étouffement.
- La classe C ou feux de gaz : ce sont les feux de gaz (le gaz butane, le gaz propane, le gaz méthane, le gaz acétylène). Leur extinction nette se fait par coupure de l’arrivée du gaz.
- La classe D ou feux spéciaux dits « hors classification » : ce sont les feux de métaux (l’aluminium, le magnésium, le sodium, l’uranium), de produits chimiques et de certaines matières plastiques. Leur extinction nécessite l’usage de poudres spéciales.
- La classe f : Feux d’auxiliaires de cuisson : Ce sont les feux d'huiles et de graisses végétales ou animales qui se rencontrent principalement dans les grands restaurants. Leur extinction se fait par étouffement et isolation.
5- LES CAUSES DES INCENDIES ET EXPLOSIONS
Pour pouvoir prévenir les incendies et les explosions, d’une manière sûre et efficace, il est impératif de connaitre les différentes causes qui les déclenchent. C’est une condition primordiale.
Ces causes sont généralement très variées et en ce qui nous concerne, dans le domaine des incendies dans l’industrie, on peut les classer comme suit : les causes mécaniques, les causes physiques, les causes thermiques, les causes chimiques et les causes humaines.
- les causes mécaniques.
Ces causes résultent de la chaleur excessive produite par suite de frottements des éléments en mouvement des machines et installations déployant une importante énergie mécanique. Il s'agit principalement des éléments non graissés ou non lubrifiés qui s'échauffent à l'excès. S’ajoutent à celle-ci les étincelles mécaniques.
Il est à noter que ces causes restent très peu connues, voire même sous estimées. Elles peuvent être très dangereuses surtout dans l'industrie gazière, dans l'industrie du pétrole, dans les unités d’enfutage et dans les ateliers de menuiserie…
- Les causes physiques.
Généralement c’’est la transformation de l’énergie solaire en énergie calorifique. Ainsi, la concentration des rayons d’un fort soleil, donnée par le jeu d’une lentille ou d’un tesson de bouteille cassée, dont la surface n'est pas homogène, peut être à l'origine d'un incendie dans certaines conditions, surtout en période de grandes chaleurs.
Les miroirs ainsi que les surfaces très polies restent aussi à craindre du fait qu'elles peuvent concentrer ces derniers. C’est à dire le rayonnement solaire.
- Les causes thermiques.
Ces causes connues de tous sont les flammes nues, les chalumeaux, les corps incandescents… qui provoquent dès leur contact avec les matières inflammables leur combustion.
Les surfaces chaudes peuvent, elles aussi, avoir les mêmes conséquences et provoquer facilement la combustion des matières inflammables.
- Les causes électriques.
Qu'elle soit sous forme dynamique ou statique, l'électricité, selon les statistiques, est à la base d'au moins 20 % des incendies.
L’électricité dynamique.
- Les arcs et les étincelles dus aux contacts de conducteurs sous tension entre eux ou aux contacts de conducteurs sous tension avec des objets métalliques.
- les échauffements dus aux surcharges électriques excessives (surtension ou surintensité).
L'électricité statique.
- Les frottements d'organes mécaniques de compositions différentes.
- Les frictions de deux corps (courroie sur poulie).
- Les écoulements des hydrocarbures contre les parois métalliques des réservoirs ou des canalisations.
- Les frottements des solides (c'est à dire de poussières) finement divisés dans l'air.
- Les causes chimiques.
Certains produits chimiques peuvent facilement être à l'origine d'un incendie ou d'une explosion du fait des réactions violentes et dangereuses qu'ils peuvent provoquer par suite de chocs, de frottements ou de mauvaises conditions de stockage
Rappelons aussi que d’autres produits chimiques et à cause de leur incompatibilité peuvent réagir et entrainer le dégagement d’une grande quantité de chaleur (matières combustibles avec des matières comburantes) qui peut, dans certaines conditions, faire office de source d'inflammation. Les matières combustibles, dans ce cas, peuvent spontanément s’enflammer, sans apport d’énergie extrême et, c’est ce qu’on appelle une combustion spontanée.
- Les causes humaines.
Ce sont les usages hasardeux des allumettes, l’imprudence des fumeurs, la négligence d’utilisation de permis de feu, les manipulations imprudentes et dangereuses de produits explosifs ou inflammables à proximité des sources de chaleur…
6- COMMENT SE PROPAGE L’INCENDIE ?
Tout incendie disposant d’une quantité importante de combustible qu’il consomme et suffisamment de comburant qui l’alimente finira par se propager vers le voisinage via la chaleur dégagée et finira par créer d’autres incendies à distance s’il n’est pas rapidement maitrisé. Cette chaleur se transmet vers le voisinage par quatre modes et les matières inflammables se trouvant à coté peuvent l’absorber et par la suite prendre feu.
Les quatre modes dont il est question sont : le rayonnement, la convection, la conduction et la projection.
Le rayonnement.
L'énergie thermique, c’est-à-dire la chaleur émise sous forme de rayonnement, peut être absorbée par les corps avoisinants qui voient leur température s’élever et prendre feu.
La convection.
C’est le transport de chaleur par le mouvement de l’air, généralement ascendant. C'est un phénomène qui contribue souvent à la propagation du feu par le déplacement des fumées et gaz chauds sur des distances importantes et à des niveaux différents pour transférer leur chaleur à des matériaux combustibles qui seraient sur leur trajet. Pour les feux de cave les fumées empruntent la cage d’escalier, traversent les différents étages et s’accumulent dans les combles (le toit) avant de les embraser.
La conduction.
C'est la transmission de la chaleur par des matériaux surtout métalliques. Elle se fait de proche en proche sans aucun transfert de matière.
C’est un phénomène qui peut transporter d’importantes quantités d’énergie d’un local à l’autre. Les métaux (éléments de charpentes, rails, conduites, fers à béton...) ont une conductivité particulièrement élevée.
La projection.
Les objets enflammés ou incandescents peuvent voyager dans l'air, soit emportés par le vent s'ils sont légers, soit être projetés par un poste à souder, soit par une explosion et créer de nouveaux foyers à distance.
Le transport par l’air de ces objets (brandons, flammèches …) peut transmettre le feu à plusieurs dizaines voire centaines de mètres du front de flammes pour peu que le site de réception puisse prendre feu et qu’il y ait du vent (phénomène de saute de feu).
7- LES CONSEQUENCES DES INCENDIES ET EXPLOSIONS.
Les incendies entrainent souvent des dommages matériels énormes qui se traduisent par la destruction des biens comme les ateliers et leurs équipements, la perte des marchandises et de clients aussi. Ils peuvent également avoir des impacts négatifs sur l’environnement naturel comme ils peuvent enfin exposer les travailleurs à des dangers redoutables comme les asphyxies par les fumées dégagées, par les gaz toxiques émis et par les flammes dévastatrices
. Les asphyxies :
Dans un atelier ou un local où un incendie s’est déclaré, l'air s'appauvrit en oxygène en raison de son absorption par les réactions de combustion. L'homme, dans ces conditions, ne disposant plus d'oxygène en quantité suffisante, peut mourir par anoxie ou asphyxie (manque d'oxygène) s'il n'est pas évacué en urgence vers l'extérieur.
· Les intoxications :
La fumée est le principal meurtrier dans les incendies. Car, le monoxyde de carbone, qui est l'un de ses composants le plus toxique, peut avoir des effets mortels rapides dès que sa concentration dans l'air respiré atteint ou dépasse 0,5 %
. Les brûlures :
Du premier ou du second degré peuvent laisser des séquelles graves après guérison et, celles du troisième degré peuvent souvent entraîner la mort.
8- LA PREVENTION DES INCENDIES ET EXPLOSIONS.
C’est un volet auquel les gestionnaires doivent accorder une importance capitale pour éviter toute éclosion possible de l’incendie. Elle est basée sur des moyens qui peuvent être mis en ouvres et des mesures qui doivent être pris bien en amont de celui-ci pour le dépasser et l’étouffer à la source en cas où il se manifeste.
Parmi ces moyens variés on peut citer, entre autres : La construction, la surveillance automatique, l’extinction automatique, le permis de feu, la signalisation de sécurité, les consignes préventives…
- La construction.
Les ateliers et les locaux exposés au danger d'incendie ou d'explosion, doivent être construits en béton, en maçonnerie ou en d'autres matériaux présentant une résistance suffisante au feu. C’est la première condition de sécurité
Ils doivent comporter des exutoires pour l’évacuation des gaz et fumées, des portes coupe-feu ainsi que des issues de secours permettant l’évacuation rapide et sûre des travailleurs en cas d’incendie.
Ces issues doivent être dégagées en permanence. La distance maximale admise vers une issue de secours est de 40 mètres et elle peut être réduite à 30 mètres lorsque le risque de propagation du feu et de la fumée est grand.
Enfin, ils doivent être équipés, si nécessaire, de systèmes de détection de feu et de moyens de lutte contre les incendies.
- La surveillance automatique.
Il est bon de signaler dès le début qu'il est toujours préférable de confier la surveillance des ateliers et locaux exposés au feu aux systèmes de détection automatiques, du fait que la défaillance humaine est toujours possible.
Ces systèmes dits, détecteurs d'incendies, sont destinés à détecter les incendies dès leur éclosion et à donner l’alerte aux secours.
Ils sont actionnés par la chaleur dégagée, par les flammes produites et par les fumées et/ou gaz libérés par le feu.
- Les installations d’extinction automatique.
Les systèmes de détection-extinction automatiques sont des installations qui ont pour tâche de surveiller en permanence les ateliers et locaux où le risque d'incendie est à craindre, de déclencher l'alarme et d'éteindre ce dernier. Bref, ils détectent, donnent l’alerte et combattent l’incendie.
Ils protègent vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Le système automatique fixe d'extinction à eau se compose principalement :
- d'un ensemble de tuyauterie équipée de systèmes d'arrosage automatique dits Sprinklers et situé en partie haute du bâtiment couvrant tous les locaux
- de sources d'eau autonomes (durée de fonctionnement variable en fonction du risque),
- d'un système de maintien en pression,
- d'un poste de contrôle.
Lorsqu’un incendie se déclare, le Sprinkler se trouvant au-dessus du foyer se déclenche et l’eau est projetée sur le feu et uniquement sur lui.
Toujours, dans ces sprinklers à eau, la chaleur dégagée par l’incendie fait fondre l'obturateur du jet du Sprinkler, ce qui entraîne la mise en route des pompes et l'arrosage par les têtes extinctrices. L’ouverture est immédiate et complète, et seul le foyer est arrosé ou aspergé.
Il existe plusieurs types de Sprinklers. Ils se distinguent par leur forme et leur couleur en fonction de la température de déclenchement
Notons que ces systèmes peuvent utiliser des produits extincteurs différents : eau, mousse, dioxyde de carbone ou poudre et, ce selon les matières à protéger.
Du point de vue historique, les premiers sprinklers manuels ont fait leur apparition aux Etats Unies d'Amérique vers 1850 et, ils ont été automatisés vers 1882 par Frédéric Grinnel.
LE SPRINKLER :
Le sprinkler ou aspersoir est un appareil de détection et en même temps d'extinction. Il se compose :
- D'un clapet destiné à obturer un orifice pratiqué dans la canalisation. Clapet maintenu en place par un élément sensible à la chaleur (ampoule de verre contenant un liquide spécial ou un alliage fusible).
- D'un organe diffuseur destiné à assurer la répartition de l'eau sur un secteur déterminé.
- Le permis de feu.
Certains travaux dangereux comme le découpage de fûts contenant ou ayant contenu des produits inflammables, l’utilisation de flammes nues dans des ateliers de menuiserie, le soudage dans des atmosphères explosives…ne doivent être entrepris qu’après la délivrance d’un permis de feu signé par le service sécurité.
- La signalisation de sécurité.
Les signaux de sécurité (défense de fumer, défense d’utiliser des flammes nues, attention danger d’incendie, attention danger d’explosion) doivent être placés à proximité des endroits ou sur les portes des ateliers ou locaux où il y a risque d’incendie ou d’explosion.
9- LUTTE CONTRE LES INCENDIES
La connaissance des moyens de lutte contre les incendies et leur fonctionnement est la condition d’une intervention infaillible en cas d’éclosion du feu. Celle-ci nécessite bien entendu une intervention rapide, des moyens en nombre suffisant et un personnel qualifié et bien entrainé. Le recyclage régulier de ce personnel est un nécessaire pour l’actualisation des connaissances.
Il est utile de signaler dès le début que l’efficacité de la lutte contre les incendies dépend de deux facteurs très importants : de la rapidité d’intervention et du matériel disponible ainsi que sa répartition à travers les endroits sensibles au feu.
Les professionnels en la matière affirment qu’il suffit d’un verre d’eau pour éteindre un feu qui a débuté depuis 10 ou 15 secondes, un extincteur à eau de 12 litres pour éteindre un feu qui a débuté depuis une minute et, une tonne d’eau et plus pour éteindre un feu qui a débuté depuis 5 minutes...
2- LE MATERIEL DE LUTTE CONTRE LES INCENDIES.
On distingue : les extincteurs, les robinets d’incendie armés, les poteaux et les bouches d’incendie.
a- Les sortes d’extincteurs.
-Suivant le poids, on distingue les extincteurs portatifs dont la contenance est généralement inférieure à 20 kg, poids 2, 4, 6 ou 9 kg et, les extincteurs à chariot ou transportables sur roues dont la contenance est généralement supérieure à 20 kg, poids : 50, 100 ou 150 kg.
-Suivant le produit utilisé ou contenu, on distingue les extincteurs à eau pulvérisée, les extincteurs à poudre, les extincteurs à mousse, les extincteurs à gaz carbonique ou Co2.
L’extincteur à eau
L’extincteur à eau pulvérisée est efficace pour éteindre les feux de classe A par refroidissement.
Les additifs chimiques ajoutés à l’eau permettent l’extinction des classes A et B, du fait que ces additifs créent une pellicule de protection sur le matériau en combustion et l’isolent de l’air.
Certains extincteurs à eau sont de catégorie ABF : ce qui signifie qu’ils sont adaptés aux usages en cuisines sur feux de classe F.
L’extincteur à mousse
Il sert à éteindre les feux de classe B et A, mais dans une moindre mesure. Son contenu est le même que celui de l’extincteur à eau + additifs. Le diffuseur transforme l’eau en une mousse lourde, qui va isoler le combustible de l’air et agir par refroidissement.
Il est plus efficace que l’eau sur les feux de liquides inflammables car la mousse retient les vapeurs et empêche le redémarrage des flammes.
L’extincteur à eau + additifs et l’extincteur à mousses sont interdits sur feux d’équipements et installations électriques.
L’extincteur à poudre ABC
L’extincteur ABC est un extincteur polyvalent, il est efficace contre les feux A, B et C. Il contient un produit chimique qui étouffe les flammes en isolant le combustible.
Il peut être utilisé pour éteindre les feux d’origine électrique, son inconvénient c’est qu’il endommage les équipements à cause de la poudre qui a un pouvoir très corrosif. Cette même poudre est irritante et doit être utilisée avec précaution dans les endroits fermés.
L’extincteur à poudre spéciale
C’est un extincteur réservé aux feux de classe D et à l’usage des professionnels de la lutte incendie ou dans les locaux à haut risque, où sont stockés des métaux inflammables.
L’extincteur CO2 (ou dioxyde de carbone)
Appelé aussi extincteur à neige carbonique, il est efficace sur les feux de classe B et sur les feux d’origine électrique. C’est d’ailleurs le plus approprié pour ces types d’incendies car il ne laisse aucun résidu et ne provoque aucun dégât sur le matériel.
Le gaz émis va chasser l’oxygène autour des flammes, nécessaire pour alimenter la combustion et ainsi éteindre le feu par étouffement.
Les feux de classe F
Pour les feux de classe F, il faut utiliser de préférence une couverture incendie ou couverture ignifuge pour les étouffer. Ce geste est le plus efficace et le moins risqué que l’utilisation d’extincteur (ajouter de l’eau sur de l’huile enflammée peut provoquer des projections très dangereuses). La couverture doit être posée directement sur le feu. Il est alors coupé de l’oxygène nécessaire pour alimenter la combustion.
b- Les robinets d’incendie armés (RIA).
Ils comprennent un tuyau en caoutchouc semi-rigide de 20 à 40 mm de diamètre et de 20 à 30 mètres de longueur, enroulé sur un dévidoir qui est souvent pivotant et branché en permanence sur le robinet et muni à l’extérieur d’une lance à orifice de 7 à 12 mm de diamètre qui permet deux types de jet, un bâton (jet plein), l'autre diffusé (jet pulvérisé) et d'un robinet pour ouvrir et fermer.
Le tuyau ne s'aplatit pas et conserve sa section circulaire, ce qui permet une utilisation facile. Il est utilisé sous une pression et un débit suffisant de 2,5 bars minimum.
Bref, ces derniers sont très utilisés pour la lutte contre les incendies dans les entreprises industrielles et les établissements recevant du public parce qu’ils sont facilement maniables et peu dommageables.
d - Les poteaux d’incendie.
Ils sont constitués par une colonne en fonte d’environ un mètre de hauteur et comprenant généralement un orifice de 100 mm de diamètre et deux orifices de 70 mm de diamètre. Leur avantage c’est qu’ils sont plus visibles et plus faciles à utiliser. Cependant leur utilisation à l’intérieur des ateliers et locaux est déconseillée du fait qu’ils sont difficiles à manier dans les espaces restreints et peuvent causer beaucoup de dommage en raison de la pression et du débit d’eau.
10- REGLEMENTATION ANCIENNE
La règlementation relative à la sécurité incendie diffère d’un pays à un autre c’est la raison pour laquelle je me limiterais à vous donner à vous conseiller de vous procurer lois et décrets auprès des organismes d’Etat concernés. Sinon vous pouvez vous procurer ces derniers sur internet, ils sont toujours disponibles. Cependant je mets à votre disposition ce petit résumé que je trouve encore d’actualité.
- On doit disposer réellement de deux extincteurs de 9 kg ou trois extincteurs de 6 kg pour une surface de 500 m2.
- Les étages quelle que soit leur surface, doivent être dotés au minimum de deux extincteurs.
- Dans les bâtiments administratifs, il faut un extincteur pour feux de classe A, par porte d’entrée générale avec un minimum de deux extincteurs par étage. De plus, il est utile de placer un extincteur à l’entrée de chaque local sensible au feu : salle d’archives, bibliothèque, magasin.
- Dans les garages et les parcs autos et outre les extincteurs de bord dont doit être équipé chaque véhicule, il faut un extincteur à mousse de 10 litres pour 5 véhicules, ainsi qu’un minimum de deux extincteurs, de préférence à poudre, à placer près des portes principales.
Pour les garages parquant jusqu’à 30 véhicules, il faut un chariot mobile à mousse de 100 litres à placer près de la porte, plus une caisse de ½ mètre m3 de sable, une couverture ignifugée, une pelle, une hache.
- Dans les dépôts d’essence, il faut deux extincteurs, l’un à poudre de 9 kg, l’autre à gaz carbonique de 9 kg, un chariot à mousse de 100 litres, plus une caisse de sable de ½ m3, deux couvertures ignifugées, une pelle, une hache.
- Dans les menuiseries, il faut un extincteur à eau de 9 litres devant chaque porte, plus un extincteur à gaz carbonique ou à poudre de 6 kg.
- Dans les cellules électriques ou postes de transformation, il faut deux extincteurs à poudre de 9 kg et un extincteur à gaz carbonique de 6 kg.
CONSIGNES DE SECURITE.
- Prendre des mesures renforcées dans les ateliers et locaux où les gaz et vapeurs sont susceptibles de former avec l’air des mélanges explosifs.
- Ne jamais abandonner des corps chauds sur ou à proximité de matières inflammables.
- Graisser périodiquement les éléments susceptibles de chauffer ou de provoquer des étincelles.
- Etablir les appareils et conducteurs électriques à une distance suffisante des matières inflammables.
- Porter des vêtements exempts de matières grasses lors des interventions sur des installations contenant de l’oxygène.
Fin de cours. Bonne chance
C'est un cours destiné aux profanes qui veulent acquérir des connaissances plus ou moins larges sur le risque d'incendie dans l’entreprise : sur sa nature, sur les causes qui le provoquent, sur les conséquences qui peuvent toucher les travailleurs, les biens et même le voisinage ou l'environnement dans la mesure où il se propage aux alentours.
Il décrit en détail les mesures à prendre et les moyens à utiliser pour le prévenir ou le combattre en cas d'échec et le circonscrire dans ses débuts.
Le cours est structuré de façon à garantir le but pour lequel il a été conçu celui de faire bénéficier les étudiants de plus de connaissances au fur et à mesure qu'ils avancent.
C'est un cours qui s'adresse bien aux profanes qu'aux professionnels et aux demandeurs d'emploi et ceux désirant se reconvertir du fait de la situation économique qui oblige parfois à aller vers ce choix et même les curieux peuvent en tirer grand profit.
L'incendie est un risque majeur qui peut survenir dans n'importe quelle entreprise, qu'elle soit grande ou petite, qu'elle fait partie du secteur mécanique ou du secteur pétrochimique du fait de l'utilisation de matières et produits inflammables et d’énergies et procédés producteurs de chaleur.