
Le risque cyber est en forte augmentation avec la numérisation de l’économie, et la crise Covid a accéléré cette tendance. Le secteur financier est particulièrement ciblé et le risque cyber, s’il n’a pas encore engendré de crise de grande ampleur, peut devenir systémique et remettre en cause la stabilité financière.
Avec la publication de la loi sur la résilience opérationnelle du numérique, l’Union européenne prend une position ferme pour renforcer la résilience du secteur financier aux incidents majeurs liés aux Technologies de l’Information et de la Communication (aussi connus sous l’acronyme « TIC »).
Avec des exigences normatives pour les entités financières et les fournisseurs de services TIC critiques, et un calendrier de mise en conformité très serré, les organisations doivent commencer à planifier dès maintenant.
L’article 2 du règlement DORA dresse un inventaire de vingt et un types d’entreprises concernées, parmi lesquelles les « établissements de crédit » et « de paiement » , les « prestataires de services sur crypto-actifs » , les « entreprises d’assurance et de réassurance » , les « intermédiaires d’assurance et de réassurance » , les « institutions de retraite professionnelle » , etc.
DORA se concentre sur la résilience aux incidents liés aux TIC et introduit des exigences très spécifiques et normatives. Il ne s’agit pas seulement d’un ensemble de lignes directrices, mais plutôt de critères, de modèles et d’instructions qui détermineront la manière dont les organismes financiers gèrent les risques liés aux TIC.
La DORA introduit des exigences qui s’articulent autour de cinq piliers.
1. Une gouvernance renforcée et la gestion des risques liés aux TIC
2. La gestion des incidents liés aux TIC
3. Des tests de résilience opérationnelle numérique
4. La gestion des risques liés aux prestataires de services TIC
5. Le partage d’informations liées aux cybermenaces
L’article 64 de DORA version Parlement UE prévoit un délai de (seulement) 24 mois avant entrée effective en application. Cela signifie que les entités financières devront être conformes aux obligations de DORA en décembre 2024, sauf à vouloir encourir les sanctions des autorités nationales de contrôle.
Face à l’imprécision et à la diversité des règles de contrôle des risques sur le numérique, mais aussi en raison de la montée de la cybercriminalité, une règlementation européenne unifiée s’imposait.
Avec la loi sur la résilience opérationnelle numérique, l’Union Européenne vise à s’assurer que les organismes financiers atténuent les risques découlant de la dépendance croissante à l’égard des systèmes informatiques et des tiers pour les opérations critiques. Les organisations doivent pouvoir « résister, réagir et se remettre » des conséquences des incidents liés à la technologie, afin de continuer à assurer des fonctions essentielles et importantes et de minimiser les perturbations pour les clients et le système financier.
Cela implique d’établir des mesures et des contrôles solides sur les systèmes, les outils et les tiers, de mettre en place les bons plans de continuité et de tester leur efficacité.
Dans ce contexte, DORA a pour objectif d’établir un cadre global pour les institutions financières de l’Union Européenne permettant d’unifier la gestion des risques informatiques, de définir une procédure de tests approfondis des systèmes informatiques (SI), et de sensibiliser davantage les autorités de surveillance aux cyber-risques.
Les objectifs visés par DORA sont donc :
· d’unifier la gestion des risques informatiques
· d’instaurer une procédure de tests des systèmes informatiques
· de sensibiliser davantage les autorités de surveillance aux cyberrisques et aux incidents liés à l’informatique auxquels sont confrontées les entités financières.