
1- INTRODUCTION
L'utilisation croissante de produits chimiques dangereux : produits toxiques, nocifs et cancérigènes ainsi que de produits corrosifs et irritants dans l’industrie en général et l’industrie chimique et pétrochimique en particulier expose les travailleurs, à court ou à long terme, à de redoutables maladies, à savoir : les intoxications et les cancers.
Les intoxications peuvent se manifester rapidement et apparaitre après quelques minutes ou quelques heures si les doses absorbées sont excessives ou se développer insidieusement et apparaitre après des mois ou des années si les doses absorbées sont faibles.
Elles provoquent, dans les deux cas, des troubles graves pouvant entraîner la paralysie d'une ou de plusieurs fonctions de l'organisme et conduire a la mort.
Quant au cancer, il se développe lentement et apparaît après des années, que ce soit au point de contact, c’est à dire au niveau de la peau, ou à distance c’est à dire au niveau des organes internes tels que : le système respiratoire, le système digestif, le système reproducteur, le foie, le cerveau, le sang, les intestins, la vessie… même si les quantités absorbées sont faibles.
Le nombre de produits reconnus ou suspectés d’être cancérigènes est en constante augmentation. Selon certaines statistiques, il existe plus de 12000 produits chimiques toxiques utilisés dans l’industrie.
Le meilleur moyen et en même temps le plus efficace pour protéger les travailleurs est la suppression de ces derniers ou leur captation à la source par des moyens techniques collectifs. Cela au lieu d’essayer de protéger les travailleurs par des moyens techniques individuels dont l’utilisation est souvent insupportable en raison de leur taille, leur poids, la gêne causée et autres raisons.
2- QU’EST-CE QUE LA TOXICOLOGIE INDUSTRIELLE ?
La toxicologie industrielle est une science qui s'intéresse à l'étude des toxiques utilisés dans le milieu professionnel qui sont, en grande majorité, des produits chimiques toxiques, nocifs, corrosifs, irritants ou cancérigènes
C'est une science qui s'intéresse à la nature de ces toxiques, aux voies à travers lesquelles ils pénètrent dans l'organisme et aux conséquences qu'ils peuvent provoquer, à court ou à long terme, pour les organes vitaux comme : les poumons, le cerveau, le sang, le foie, les reins, la vessie... Signalons que ces conséquences peuvent affecter directement la personne exposée comme ils peuvent affecter indirectement sa descendance, c'est-a-dire ses enfants, les exposant à des maladies héréditaires ou malformations congénitales graves.
Selon Wikipédia : La toxicologie est une branche de la biologie, de la chimie et de la médecine. Autrement dit, une science commune entre les trois sciences.
C’est une science aussi ancienne que l'humanité. Elle remonte a l'Antiquité, et les premiers à s'y être intéressés furent les magiciens et les prêtres.
Selon les historiens, les poisons ou toxiques ont été connus pour la première fois en Égypte pharaonique au 16-ème siècle avant JC et, les premiers poisons connus étaient les poisons d’origine végétale et animale qui étaient utilisés pour exécuter les criminels. Comme ils étaient utilisés aussi pour se débarrasser des ennemis et même des rois.
On raconte que Mithridate rois de Pont a eu peur d'être assassiné par le poison et que le philosophe Socrate a été empoisonné par une plante hautement toxique appelée pruche et, il n'y a pas si longtemps que l'espion russe, Alexander Litvinenko, selon certains médias, a été empoisonné et que le président palestinien, Yasser Arafat, avait subi le même sort.
L'historien grec Strabon, qui a vécu au premier siècle de notre ère, a décrit la mine d'arsenic de Pentos, il dit : “L'air dans la mine est mortel et difficile à supporter à cause des odeurs dangereuses du métal brut, c’est ce qui fait que les ouvriers étaient condamnés à une mort rapide, c'est-à-dire a une mort précoce”.
Abou Bakr Ahmed ibnou Ali surnommé Ibnou Ouahchia, un chimiste irakien qui a vécu au 9-ème siècle après JC, a écrit un livre traitant des poisons. Au seizième siècle (1493-1541) Paracelse, Alchimiste et médecin, a lié la gravité de l’intoxication à la dose absorbée. Et, le premier qui a donné à cette science traitant des toxiques son caractère officiel fut le médecin espagnol Mathieu Orfila, en 1813 dans son ouvrage : « Le livre des poisons ».
Au cours de la deuxième révolution industrielle et l’accroissement de l’industrie chimique et pétrochimique, les toxiques industriels ont commencé a se développer et a envahir tous les domaines, en particulier les domaines agricole et médical, en plus du domaine industriel. La société moderne n'a pas été épargnée par cette invasion massive, et les conséquences de ces toxiques ne menacent plus seulement les ouvriers d'usines, mais hélas aussi toute l'humanité d'autant plus que ces derniers (les toxiques) ont pénétré dans l'environnement ou la nature et provoquent des formes de pollution graves et excessives.
Aujourd'hui, les toxiques sont présents dans l'air que nous respirons, dans l'eau que nous buvons, dans le sol que nous labourons, dans les aliments que nous consommons, et même dans la chair des poissons qui vivent dans les profondeurs des océans et des mers.
Le développement technologique rapide et la croissance démographique accélérée ont fait que les exigences qui en découlent pour répondre aux besoins essentiels de la société, qui s’est transformée en une société consommatrice, aggravent de plus en plus la situation.
3 -QU'EST CE QU'UNE INTOXICATION ?
Une intoxication est un ensemble de troubles graves, parfois mortels provoqués par l’absorption d’un toxique (ou d’un poison selon d’autres termes).
Ces troubles, selon l'organe lésé ou atteint, peuvent être: respiratoires (dyspnée, asphyxie), ou pulmonaires (emphysème, œdème) ou intestinaux (crampes coliques, diarrhée sévère) ou nerveux (dépression, coma) ou sanguins ( anémie ) ou hépatiques (hépatite, cirrhose du foie) ou rénaux (néphrite, nécrose ) ou urinaires (rétention urinaire , difficulté à uriner) ou cutanées (cyanose , dermites du visage et des membres supérieurs du corps) ou thermiques ( fièvre, frissons) ou sensoriels (vision floue) ou reproductifs (manque de fertilité ou stérilité)...
Nota : Étant donné que de nombreux toxiques affectent plusieurs organes à la fois, plusieurs de ces troubles susmentionnés peuvent souvent apparaitre ensemble, ce qui aggrave le danger.
4- LES TYPES D’INTOXICATIONS :
On distingue deux types d'intoxications : l'intoxication aiguë et l'intoxication chronique. L'intoxication aiguë est une intoxication vive et de courte durée qui se développe rapidement et violemment. Elle résulte de l’absorption d'une dose unique ou de multiples doses sur une période n'excédant pas 24 heures.
L'intoxication chronique est une intoxication persistante, prolongée et répétée qui se développe lentement et insidieusement. Elle résulte de l’absorption continue de faibles doses pendant plusieurs années.
De quoi dépend la gravité d’une intoxication ?
La gravité d’une intoxication dépend de plusieurs facteurs dont les plus importants sont : la dose absorbée, la durée d'exposition au toxique, la nature de l'effet et la sensibilité individuelle.
-La durée d’exposition:
C’est la durée d’exposition qui détermine la quantité absorbée, c'est-a-dire la quantité qui pénètre dans l'organisme par voie respiratoire, digestive ou cutanée. Plus cette période est longue, plus la quantité absorbée est importante et plus elle est courte plus la quantité absorbée est faible.
-La dose absorbée :
La dose absorbée signifie la quantité du toxique ingérée ou inhalée. Si elle est excessive, l’intoxication est sévère et si elle est futile l'intoxication est peu dangereuse. Une grande quantité entraîne des conséquences désastreuses, tandis qu'une petite quantité entraîne des conséquences légères et peut même n'entraîner aucune conséquence du tout, du moins a court terme. Paracelse, médecin et alchimiste du 16-ème siècle, dit : Tout produit peut être considéré comme toxique (si la dose absorbée est importante) et aucun produit ne peut être considéré comme toxique (si la dose absorbée est futile ou minime), seule la dose absorbée fait que le produit soit toxique ou non toxique.
-La nature du toxique :
Tous les toxiques n'ont pas le même effet sur l'organisme : il y en a qui ont, en plus de leur effet normal, un effet supplémentaire, comme les toxiques radioactifs et les toxiques caustiques ou corrosifs. En plus de leur intoxication habituelle, les premiers provoquent des lésions graves d'origine radioactive et les seconds provoquent des brulures qui endommagent les tissus et perforent le tube digestif et l’estomac.
-La sensibilité individuelle :
La sensibilité aux toxiques diffère d'une personne a une autre. Elle est grande, en particulier chez les personnes qui ont une insuffisance hépatique ou qui souffrent d'un organe vital car de petites quantités de toxique suffisent à les exposer à des conséquences graves. Les nourrissons et les personnes âgées sont également moins résistants aux dangers des toxiques que les adultes.
-Autres facteurs :
Les autres facteurs dont dépend le risque d'intoxication sont : l'âge (vieux ou jeune), le sexe (masculin ou féminin), la constitution physique (forte ou faible), l'état de santé (sain ou malade), l'alimentation (bonne ou mauvaise), certains habitudes (toxicomanie, consommation ou non de boissons alcoolisées) et la grossesse (chez les femmes).
5-LES SORTES D’INTOXICATIONS
Il existe quatre sortes d’intoxications : les intoxications professionnelles, les intoxications alimentaires, les intoxications médicamenteuses et les intoxications d’origine animale auxquelles s'ajoutent les intoxications environnementales, car la pollution de l'air est devenue, depuis des décennies, l'un des plus grands problèmes qui menace la santé humaine, d'autant plus que cette sorte de pollution ne connaît ni les frontières des régions ni les frontières des pays et se propage sans gêne.
- Les intoxications professionnelles :
Ce sont des intoxications provoquées par des produits chimiques toxiques ou nocifs ainsi que des produits chimiques corrosifs, caustiques ou irritants qui sont largement utilisés dans l’industrie en général. Ces intoxications sont reconnues comme maladies professionnelles quand elles surviennent du fait du travail habituel ou de ses conditions d’exécution. Elles sont répertoriées et décrites par des lois et reconnues dans la plupart des pays du monde.
Il convient de noter que tous les produits chimiques dangereux utilisés dans l'industrie ont un document de description portant le nom de fiche toxicologique ou fiche de données de sécurité qui contient toutes les informations relatives au domaine d'utilisation, aux risques qui peuvent être encourus, aux conséquences qui peuvent en découler et aux procédures à suivre en cas d'urgence. C'est un document nécessaire aux spécialistes appelés à garantir la santé et la sécurité des travailleurs, car les informations continues sont préparées par des organismes scientifiques de haut niveau, des laboratoires internationaux ou des instituts de haute renommée.
Le contenu d’une fiche de données de sécurité formulée conformément aux normes internationales comporte 16 chapitres :
-Informations sur le produit : en précisant le nom scientifique ou commercial du produit et son utilisation, ainsi que le numéro de sécurité sociale, l'adresse et le téléphone du fabricant ou du distributeur.
-La composition chimique du produit : les composants primaires dangereux ou nocifs ainsi que tous les autres composants secondaires.
-Propriétés chimiques et physiques du produit : aspect extérieur, type d'odeur, point d'ébullition, point de congélation, solubilité dans l'eau, vitesse d'évaporation, pression et densité de vapeur... Stabilité : la stabilité ou l'instabilité du produit, c'est-à-dire son interaction avec d'autres produits qui lui sont incompatibles, et les erreurs qu'il ne faut pas commettre pour éviter toute interaction et les conséquences qui peuvent en découler.
-Toxicité : Les informations relatives aux effets toxiques pouvant apparaître à court ou à long terme et autres données sur les propriétés cancérigènes confirmées ou suspectées du produit.
- Écotoxicité : Les informations relatives aux dommages pouvant être causés à l'environnement et ses composants tels que le sol, l'eau, l'air et les aliments.
- Dangers potentiels du produit : inflammabilité, interaction avec d'autres produits ou matériaux, risques pour la santé et la sécurité humaines...
-Premiers secours : les mesures a prendre en cas d'ingestion ou d'inhalation du produit ou en cas de contact avec les yeux ou la peau.
-Danger d'incendie : le point d'éclair du produit ou les limites supérieure et inférieure d'inflammation, les produits de combustion dangereux tels que le type de gaz et de fumées qui peuvent se former, et les informations relatives à la manière de prévenir les explosions et les incendies et de les combattre.
-En cas de fuite : les mesures à prendre lorsque le produit est déversé sur le sol ou échappé dans l'air, ou en cas de fuite dans les rivières, les cours d'eau, les sources d'eau potable ou dans la mer.
-Stockage, utilisation et manutention : les précautions à prendre pour éviter tout danger lors de la réalisation de ces travaux.
-Surveillance de l'ambiance ou de l'atmosphère de travail ainsi que des moyens de protection collectifs et -individuels : protection des voies respiratoires, de la peau, des yeux, du visage….
-Traitement et devenir des déchets : Ceci concerne la législation locale qui doit être respectée lors de l'élimination du produit chimique en question.
-Comment transporter : Ceci concerne la législation relative au transport du produit en toute sécurité par voie terrestre ou par voie maritime sans exposer les personnes et l'environnement a des risques ou des catastrophes.
- Informations réglementaires : Informations liées à la classification et à l'emplacement des panneaux de danger.
-Autres informations : Toutes les informations que le fabricant juge importantes en matière de sécurité et de de protection de l'environnement.
NB : Cette fiche est obligatoirement envoyée avec le produit chimique par le fabricant ou l'importateur à l'utilisateur et dans le cas contraire on peut l’obtenir via le Web, il faut seulement mentionner le nom scientifique, c'est-à-dire le nom chimique du produit, à défaut son nom commercial.
- Les intoxications alimentaires :
Ce sont des intoxications provoquées par des plantes vénéneuses (des baies, des champignons), par des fruits gâtés, des aliments avariés ou mal cuits, des plats conservés trop longtemps ou dans de mauvaises conditions et des conserves industrielles périmées.
Ces intoxications sont les mieux connues et les plus nombreuses. Elles commencent souvent par de simples coliques intestinales, puis se développent et s'intensifient, pour entrainer la mort, dans certains cas.
À l'origine de ces intoxications on cite les microorganismes dont les plus dangereux sont les bactéries, les virus, les parasites et les champignons sécrétés par les germes à l'intérieur du système digestif, qui contaminaient les aliments ingérés.
Pour éviter ces dernières, il est impératif de garantir l’hygiène des denrées alimentaires depuis le stade de la production jusqu'au stade de la préparation en passant par le stade du transport, du stockage et de la distribution.
Dans les champs et les vergers, les denrées alimentaires doivent être protégées contre la pollution par les produits chimiques (pesticides et eaux usées malsaines) et de la pollution biologique, ( microbes et germes pathogènes).
Dans les centres de distribution, elles doivent être stockées dans des endroits propres et climatisés, à l'abri des insectes et des animaux nuisibles.
En cuisine, elles doivent être conservées correctement, pas longtemps, et enfin bien cuites et servies dans de bonnes conditions sanitaires.
- Les intoxications médicamenteuses :
Ce sont des intoxications provoquées par des médicaments périmés ou pris en quantités élevées, donc plus que les doses prescrites ou pris à la place d'autres médicaments ou dans le but de se suicider.
Il convient de noter que de nombreux médicaments bénéfiques peuvent devenir des poisons mortels si les doses prescrites sont dépassées.
Les médicaments pouvant provoquer ces intoxications sont notamment : les sédatifs du système nerveux central, les antalgiques, les antipyrétiques, les antihistaminiques, les hypoglycémiants, les contraceptifs et les myorelaxants. Notons que beaucoup de médicaments font l'objet d'études périodiques régulières pour réévaluer le rapport bénéfice-risque et, ils sont nombreux aussi à être retirés du marché chaque année après confirmation de leur dangerosité pour la santé.
On ne peut pas passer sans mentionner ici que de nombreuses personnes prennent des médicaments - qui sont souvent des préparations de produits chimiques - sans consulter le médecin. Certains aventuriers vont jusqu'à prescrire à autrui des traitements comme s'ils étaient de notables médecins. Nous ne pouvons pas, non plus, oublier de citer le phénomène de la médecine traditionnelle, qui a commencé a s’imposer sur les marchés publics, où l’on vend des préparations qui sont loin des contrôles scientifiques modernes.
En conclusion, signalons qu'une association de protection des consommateurs a compté environ 185 substances toxiques figurant parmi les cosmétiques, comme le dentifrice, les solutions pour traitements capillaires...
- Les intoxications d’origine animale :
Ce sont des intoxications provoquées par certains animaux sauvages et marins et par des insectes dangereux qui produisent le venin et l'utilisent pour éloigner les prédateurs ou pour paralyser les proies, comme certains reptiles, araignées, méduses et poissons... Et, les dix animaux les plus venimeux, selon certaines sources sont : les méduses vivant dans les eaux de la Thaïlande, de l'Inde, de l'Indonésie et même de la méditerranée, le poisson souffleur dont le venin n’a pas à ce jour d’antidote, les sébastes aux nageoires dorsales acérées reliées aux glandes à venin capable de pénétrer facilement la peau, le mamba noir un serpent vivant en Afrique subsaharienne, la grenouille à fourche pointue qui vit en Amérique centrale et en Amérique du Sud, la pieuvre aux anneaux bleus qui vit dans l'océan pacifique, le serpent taïpan qui vit dans le désert australien et qui est de 200 a 400 fois plus dangereux que le Cobra, l'escargot marin qui vit dans l'océan pacifique dont le venin n'a pas non plus d'antidote, l'araignée banane qui vit en Amérique du sud et le scorpion d’Afrique du nord et du Moyen-Orient au poison mortel en particulier pour les enfants et les personnes âgées.
- Les intoxications environnementales :
Ce sont des intoxications provoquées par les fumées et les gaz émis dans l'atmosphère par les usines et les pots d'échappement des véhicules, ainsi que par les appareils de chauffage domestique. Elles peuvent apparaître en particulier dans les villes où se trouvent les zones industrielles. La meilleure preuve en est le smog dont souffrent certaines grandes capitales, résultant de la combinaison des fumées avec la brume marine.
L'atmosphère devient sombre et suffocante en raison de la forte concentration des toxiques. Ce dernier a causé la mort de 2000 personnes dans la ville de Londres en décembre 1952 en un jour ou deux, pas plus.
Pour rappel, ces toxiques entraînent, surtout a long terme, c'est-à-dire après de nombreuses années, des maladies cardiaques, des intoxications chroniques, des cancers, des tumeurs malignes, et moins que cela, ils détériorent la santé.
A cela s'ajoute la pulvérisation d'insecticides par voie aérienne, car les vents transmettent ces derniers sur de longues distances et expose ainsi les populations voisines au danger, sans oublier de mentionner l’impact négatif sur l'environnement et ses composants et également sur la chaîne alimentaire du fait qu’ils s’accumulent dans corps des organismes vivants au fil des ans jusqu'à un certain temps, après quoi ils affectent gravement leur santé.
6- LES TOXIQUES INDUSTRIELS
Qu'est-ce qu’un toxique ?
Suivant l’Encyclopédie Universelle :
Une matière est dite toxique « Lorsque, après pénétration dans l’organisme, par quelque voie que ce soit, à une dose relativement élevée (en une fois ou en plusieurs fois très rapprochées) ou par petites doses répétées, elle provoque, dans l’immédiat ou après une phase de latence plus ou moins prolongée, de façon passagère ou durable, des troubles d’une ou de plusieurs fonctions de l’organisme pouvant aller jusqu'à leur suppression complète et amener la mort ».
Un poison est toute substance qui, si elle pénètre dans le corps en quantité suffisante, y cause des troubles temporaires ou permanents ou entraîne la mort.
- L’effet des toxiques :
L'effet des toxiques dépend de plusieurs facteurs. Il peut être léger et provoquer des transformations biochimiques au niveau de la cellule ou modéré et provoquer une augmentation de la taille ou du poids d'un organe ou grave et provoquer des lésions mortelles, à court ou à long terme.
Cet effet apparaît au point de contact : comme la peau, les muqueuses de la bouche, les narines et des yeux ou à l'intérieur du corps c’est à dire au niveau de l'un des systèmes : comme le système respiratoire, le système digestif, le système nerveux ou le système reproducteur. Enfin, il peut être réversible et disparaître après arrêt de l'exposition au toxique, c'est-à-dire après le retrait définitif de la victime de l'atmosphère toxique (polluée), ou être irréversible et perdurer malgré l’arrêt de l’exposition au toxique.
- Les divers toxiques :
On distingue les toxiques irritants comme le mercure, le plomb, l'arsenic et l'antimoine ; les toxiques volatiles comme les alcools en général : l’alcool éthylique, l’alcool méthylique, le kérosène, l’éther, le chloroforme et tétrachlorure de carbone ; les toxiques corrosifs comme les acides, les alcalis et les bases ( la soude caustique) ; les toxiques gazeux comme les gaz inertes ou suffocants: le méthane, l’éthane, l’acétylène, l’azote et l’hydrogène ; les toxiques chimiques comme le dioxyde de carbone, le cyanure, la phosphine, le phosgène et le sulfure d'hydrogène ; les toxiques organiques comme les pesticides, les rodenticides et les herbicides ; les toxiques médicinaux comme divers médicaments (les drogues, les hypnotiques, les sédatifs et les stimulants) ; les toxiques d’origine végétale comme les champignons, la pruche, le haschisch et le datura ; les toxiques d’origine animale comme le venin de serpents, de scorpions, de certaines araignées et de poissons.
- Les formes des toxiques :
Les toxiques apparaissent sous trois formes : sous forme solide (granulés, poudre, poussières et microparticules), sous forme liquide (liquide fluide, visqueux ou gélatineux) ou sous forme de gaz (vapeur, brouillard ou aérosols).
- Classification des toxiques selon la gravité :
Selon la gravité des effets qu'ils produisent au niveau de l’organisme, les produits toxiques peuvent être classées en trois groupes : les produits très toxiques, les produits toxiques, les produits nocifs.
Très toxiques
Produits chimiques, qui en très petites quantités, exposent a des risques graves, aigus ou chroniques, voire même la mort en cas d'absorption par voie respiratoire, digestive ou cutanée.
Dose létale : 25 mg/Kg du poids du corps.
Concentration létale : égale ou inférieure a 0,5 mg/litre d’air/4 heures. Exemples : mercure, béryllium, atropine, aldicarbe, aconitine, phosphore, cadmium, cyanure d'hydrogène, bromoacétone…
Toxiques.
Produits chimiques pouvant entraîner des risques graves, aigus ou chroniques en cas d'absorption par voie respiratoire, digestive ou cutanée.
Dose létale : entre 25 et 200 mg/kg du poids du corps.
Concentration létale : entre 0,5 et 2 mg/litre d’air/ 4 heures.
Exemples : arsenic, aldrine, benzène, bromoforme, cyanogène, aniline, crésol, benzidine, chloroprène, dichlore azobenzène…
Nocifs
Produits chimiques pouvant entraîner des risques de gravité limitée en cas d'absorption par voie respiratoire, digestive ou cutanée.
Dose létale : entre 200 et 2000 mg/kg du poids du corps.
Concentration létale : entre 2 et 20 mg/litre d’air/4 heures.
Exemples : chrome, cobalt, benzonitrile, acétonitrile acéphate, acétochlore, di-acétone, bentazone, bisphénol, benzaldéhyde…
*La dose létale est la quantité d’un produit qui est supposée causer la mort de 50% des cobayes (rats, souris) dans des conditions précises.
*La concentration létale est la Concentration d’un produit dans l’air qui est supposée causer la mort de 50% des cobayes (rats, souris) dans des conditions précises.
- Classification des toxiques selon l'organe lésé ou affecté
Selon l’organe lésé les toxiques peuvent être classées comme suit : les asphyxiants, les toxiques de type irritant, les toxiques du système nerveux central, les toxiques du foie et des reins, les toxiques du sang, les toxiques du système reproducteur, les toxiques de l’embryon et les toxiques du fœtus…
- Les asphyxiants
Les asphyxiants se divisent en deux groupes : les asphyxiants simples qui agissent indirectement sur le corps et, les asphyxiants chimiques qui agissent directement sur le corps. Les deux provoquent un manque d'oxygène, des difficultés respiratoires et la mort par asphyxie.
a- Les asphyxiants simples (butane, propane, méthane) qui agissent sur l’oxygène présent dans l’atmosphère, réduisent son taux en dessous de 18% et provoquent par conséquent des difficultés respiratoires pouvant conduire a l’asphyxie par suffocation, c’est a dire par manque ou insuffisance d’oxygène dans l’air respiré.
b- Les asphyxiants chimiques (gaz carbonique, cyanure, cyanamide) qui agissent soit sur l’hémoglobine et entravent la capacité du sang de transporter l’oxygène ou sur les oxydases et les empêchent de fixer celui-ci, même si l’air ambiant en contient suffisamment, et provoquent son insuffisance, ce qui peut conduire a l’asphyxie par anoxie, c’est-a-dire a une déficience d’oxygène distribué par le sang dans les tissus.
- Les toxiques de type irritant
Les toxiques de type irritant se divisent eux aussi en deux groupes, à savoir :
a- Les toxiques des voies respiratoires supérieures (formole, styrolène, furfural) qui agissent comme caustiques locaux sur le nez, la gorge, les bronches et provoquent des irritations et des desquamations, comme ils peuvent provoquer, à fortes doses, des ulcérations, l’œdème et souvent l’asphyxie secondaire.
b- Les toxiques des voies respiratoires profondes (chlore, phosgène, brome) qui agissent sur les tissus pulmonaires profonds et provoquent leur destruction, l’œdème aigu et la mort rapide. À faibles doses, ils agissent surtout sur les alvéoles et provoquent l’emphysème (dilatation excessive des alvéoles avec rupture des cloisons inter alvéolaires).
- Les toxiques du système nerveux central ou neurotoxiques (alcools en général, méthanol, crésols) qui provoquent, entre autres troubles : la perte de mémoire, les excitations, l’asthénie, les névrites optiques, la maladie de Parkinson, le coma et la mort par sidération des centres nerveux si la dose est excessive.
- Les toxiques du foie et des reins ou hépatotoxiques et néphrotoxiques (aniline, naphtalène, polyphénols) qui provoquent des troubles hépatiques et rénaux redoutables, souvent irréversibles :
* Troubles hépatiques : hépatite (inflammation du foie), nécrose (mort des cellules ou tissus du foie), cirrhose (maladie chronique et progressive affectant la structure et la fonction du foie), hépatomégalie (augmentation du volume du foie).
* Troubles rénaux : néphrite (inflammation des reins), anurie (arrêt de la sécrétion d’urine), nécrose (mort des cellules ou tissus des reins), déficience rénale.
- Les toxiques sanguins ou hémotoxiques (benzène, plomb, diacétone-alcool) qui provoquent des troubles sanguins graves pouvant se traduire, en cas d’atteinte de la moelle osseuse, par une dépression de l’activité productrice des éléments figurés du sang (globules rouges, globules blancs, plaquettes sanguines) avec pour conséquences de l’anémie (diminution du nombre des globules rouges du sang et de leur teneur en hémoglobine), de la leucopénie (diminution du nombre des globules blancs) et une chute du taux des plaquettes sanguines.
- Les toxiques de l’embryon ou embryotoxiques (benzène, fluoro-5-uracil) qui provoquent des mutations au niveau des gènes (supports matériels situés sur les chromosomes et responsables de la production des caractères héréditaires) paternels ou maternels et affectent, par voie de conséquence, la santé de la descendance (donc des enfants) de la personne atteinte.
Les cellules de la personne atteinte ainsi affectées sont les spermatozoïdes pour l’homme et les ovules pour la femme. Ces produits sont aussi connus sous le nom de produits chimiques mutagènes.
- Les toxiques du fœtus ou foetotoxiques (diméthyl mercure, méthotrexate, arséniate de calcium) qui provoquent des malformations congénitales chez les fœtus. Fœtus des femmes exposées a ces derniers pendant la période de grossesse. Ces malformations peuvent apparaitre durant la vie intra-utérine ou après naissance et être responsables de dommages pendant l'enfance jusqu' a l'âge adulte.
Les foetotoxiques sont aussi connus sous le nom de produits tératogènes.
Exemples:
- Asphyxiants simples (Butane, propane, méthane, argon, hélium, éthylène, éthane, néon, propylène, acétylène, protoxyde d’azote)
- Asphyxiants chimiques (Monoxyde de carbone, cyanamide, cyanures, acide cyanhydrique, sulfure d’hydrogène, nitriles, nitrites, chlorates, aniline, nitrobenzène.)
- Irritants des voies respiratoires supérieures (Formole, styrolènes, aldéhydes, furfural, ammoniaque, fluorure de calcium, bioxyde de soufre, acroléine, acétate de méthyle.)
- Irritants des voies respiratoires profondes (Chlore, brome, phosgène, ozone, anhydride sulfurique, dioxyde d’azote, fluor, sulfate de méthyle, cadmium, oxyde d’azote.)
- Toxiques du système nerveux central (Alcools en général, solvants chlorés aliphatiques, phénol, crésols, éthoxyéthane, plomb, hydrogène arsénié, plomb, méthanol, mercure, di et trinitrotoluènes.)
- Toxiques du foie (Plomb, chloéthane, mercure, arsénic, phosphore, benzène, chloroforme, hydrazine, styrène, méthanol.)
- Toxiques des reins (Naphtalène, plomb, mercure, chromates, bériyllium, arsenic, térébenthine, bismuth, cadmium.)
- Toxiques du sang (Monoxyde de carbone, plomb, benzène, béryllium, toluène, cadmium, hydrocarbures chlorés, sélénium.)
- Toxiques de l’embryon (Fluoro-5-uracil, benzène, méthotrexate benzopyrène, plomb.)
-Toxiques du Fœtus (Méthyle et diméthyl mercure, solvants aromatiques (soupçonnés), arséniate de calcium, dioxine, acétate d’éthylglycol et de méthylglycol.)
- Les voies de pénétration des toxiques :
Les toxiques pénètrent dans l’organisme par trois voies différentes : par la voie respiratoire ou l'inhalation, par la voie digestive ou l'ingestion et par la voie cutanée ou le toucher.
- La voie respiratoire :
Les toxiques sous forme de poussières, de gaz, de fumées ou de vapeurs sont inhalés. Ils pénètrent dans les poumons et passent dans le sang qui les transporte vers les autres parties du corps.
Le taux d'inhalation est lié a l'activité. Il est élevé si l'activité est intense ou longue et il est faible si l'activité est légère ou courte.
La respiration est la voie la plus dangereuse car le taux d'absorption des toxiques présents dans l'air peut atteindre 100%, sachant que la surface des alvéoles, qui avoisinent ou dépassent les 300 millions, équivaut à environ 75 mètres carrés. De plus, cette voie reste l’accès le plus important des toxiques, notamment dans les milieux professionnels, d’ailleurs en affirme qu'elle est responsable de 90 % des intoxications.
- La voie digestive :
Les toxiques sous forme solide ou liquide sont avalés, dissous et résorbés au niveau du tube digestif, de l’estomac et des intestins, ils passent dans le sang.
L'ingestion de toxiques est en fait quelque chose de très rare et se fait par le biais de liquides ou d'aliments ou par imprudence ou avec l'intention de se suicider.
- La voie cutanée :
Les toxiques sous forme liquide ou gazeuse pénètrent dans l’organisme par absorption cutanée et passent dans le sang. Les lésions cutanées aggravent l’absorption. De même que l’humidité élevée et les hautes températures.
Cette voie vient en seconde place, sachant que la surface extérieure de la peau est d'environ 1,7 mètres carrés.
Rappelons que les toxiques liposolubles traversent la peau beaucoup plus facilement que les toxiques hydrosolubles. Ainsi la peau est très exposée aux allergies, aux eczémas, aux infections, aux ulcères, au cancer et tumeurs malignes.
- Le métabolisme des toxiques :
Après avoir pénétré dans l'organisme, les toxiques sont métabolisés par des enzymes qui les transforment en toxiques forts ou en toxiques faibles et même parfois en non toxiques du tout.
La plupart des toxiques sont transformés en toxiques a faible effet, a l'exception de quelques- uns qui sont transformés en toxiques forts.
L’organe principal qui assure ce processus de transformation est le foie qui est plus actif d'une part, et d'autre part, il contient diverses enzymes, cependant, les autres organes comme le sang, les poumons, la peau, les reins et le tube digestif sont également capables de métaboliser les toxiques, mais ils sont moins efficaces car ils manquent d'enzymes.
- Les dommages des toxiques :
Les toxiques, au cours des phases qu'ils traversent dans l'organisme, à savoir : la phase d'entrée, la phase d'absorption, la phase de transport, la phase de métabolisme et la phase d'excrétion, provoquent une lésion. Cette lésion, qui se traduit initialement par une atteinte biochimique peut se transformer, selon son étendue, sa gravité et sa durée, en atteinte tissulaire, puis en atteinte fonctionnelle et enfin en atteinte mortelle.
-Excrétion de toxiques :
Après avoir passé un certain temps dans l'organisme, les toxiques finiront par être excrétés par ce dernier, c'est-à-dire éliminés. Cette excrétion se fait directement : par les poumons, c'est-à-dire par l'expiration ou par la sueur ou par la salive ou par les canaux excréteurs : par l'urine, ou par la digestion, c'est-a-dire par la défécation ou encore par le sein pour les femmes en période de lactation. Ce sont tous des organes vulnérables.
7. LE CANCER PROFESSIONNEL.
Du point de vue historique, le premier cancer professionnel a été découvert en Angleterre en 1775. Il s’agit d’un cancer qui affecte les testicules des travailleurs affectés au nettoyage des cheminées des usines et qui est provoqué par la suie (poudre noire très fine) produite par les fumées.
C’est le cancer du scrotum des ramoneurs.
Par définition : « le cancer est une tumeur maligne formée par la multiplication désordonnée de cellules d’un tissu ou d’un organe ».
Le tissu cancéreux est formé par des divisions cellulaires (mitoses) anormales, qui lui donnent une structure anarchique.
Ce tissu cancéreux pénètre par de multiples effractions dans les tissus voisins qu’il envahit. Certaines cellules cancéreuses se détachent de la tumeur d’origine, passent dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques et vont se greffer à distance, formant ainsi des tumeurs secondaires dites “les métastases”.
De nombreux produits utilisés aujourd'hui dans l’industries et sous les formes précédemment mentionnées provoquent des cancers professionnels ou des tumeurs malignes à long terme:
-Le cadmium provoque le cancer de la prostate et du poumon.
-Le nickel provoque les cancers du nez, des poumons et de l'estomac.
- L'arsenic provoque les tumeurs de la peau et du foie.
-L'amine provoque le cancer bronchique.
-La bêta-naphtylamine provoque le cancer de la vessie.
- Les amines provoquent le cancer des voies urinaires.
-Le chlorure de vinyle provoque les cancers du foie, des sarcomes, des vaisseaux sanguins et lymphatiques, et des tumeurs cérébrales.
-Les carburants chlorés provoquent le cancer de la peau.
-Les composés organiques (suie, goudron, pétrole, charbon) provoquent le cancer du poumon, de la gorge et des testicules.
8- PRÉVENTION.
La prévention des toxiques dans l’industrie repose sur : La prévention technique, qui relève des services d’hygiène, de sécurité et d’environnement et fait appel a des moyens techniques collectifs ou individuels et, la prévention médicale, qui relève des services de médecine du travail et fait appel a divers examens médicaux.
a- Prévention technique:
Elle repose sur deux modes de protection : la protection collective et la protection individuelle. La protection collective :
- La protection collective est le meilleur moyen pour garantir la sécurité des travailleurs, elle vise à éliminer les toxiques à la source, c’est a dire la où ils sont formés ou émis, par des moyens techniques: comme la substitution de produits toxiques par des produits non toxiques, ou au moins par des produits peu toxiques, le remplacement des procédés de travail polluants par des procédés propres (donc non polluants ou peu polluantes), l’isolation des opérations de préparation ou d'utilisation de produits toxiques et leur réalisation en vase clos (c’est-à-dire dans des appareils ou équipements hermétiquement fermés) ou dans des lieux isolés des autres lieux de travail, la ventilation des ateliers et locaux pendant le travail: ventilation naturelle ou artificielle générale ou locale, l'évacuation de gaz d'échappement de moteurs vers l'extérieur, le réglage des bruleurs des incinérateurs, des fours et des chaudières, l’automatisation des opérations de manutention de produits dangereux…
La substitution.
Remplacement de produits toxiques par des produits inoffensifs, c’est à dire non toxiques ou, en cas d’impossibilité, par des produits peu toxiques.
Exemple : remplacer le phosphore blanc (très toxique, il provoque le phosphorisme : intoxication chronique) par le phosphore rouge 10 fois moins toxique que le premier.
La substitution est le moyen le moins couteux et en même temps le meilleur.
L’isolation.
Exécution en vase clos (donc dans des installations hermétiques) les travaux susceptibles d’entraîner le dégagement de toxiques dans l’atmosphère ou encore leur exécution dans des locaux séparés ne communiquant pas avec les autres locaux de travail limitrophes.
Exemple : la pulvérisation des peintures peut être effectuée dans des cabines spéciales dites « cabines de pulvérisation de peintures ».
L’isolation doit être combinée avec un système de ventilation par aspiration.
La ventilation.
Les locaux dans lesquels peuvent se créer des atmosphères toxiques doivent être suffisamment ventilés. La ventilation évite l’accumulation des toxiques par l’évacuation de l’air vicié et l’introduction de l’air pur.
On distingue : la ventilation générale et la ventilation locale.
1- La ventilation générale qui comporte deux sortes : La ventilation naturelle qui peut s’obtenir par l’ouverture des grilles d’aération et fenêtres donnant sur l’extérieur. Elle permet le renouvellement de l’atmosphère par la création d’une circulation d’air ordinaire. Lorsqu’elle est insuffisante, elle doit être renforcée par une ventilation artificielle.
2- La ventilation artificielle ou ventilation forcée qui peut s’obtenir par des ventilateurs de grande puissance. Elle permet un renouvellement d’air suffisant de l’atmosphère par la création d’une circulation d’air forcée.
Nota : La ventilation générale doit être commencée avant que le personnel ne pénètre dans le local et sera continuée de façon permanente aussi longtemps que le personnel séjourne dans ce local.
3- La ventilation locale par aspiration.
Cette ventilation peut s’obtenir par des hottes aspirantes ou par des orifices mobiles raccordés a un système d’aspiration. Elle permet de capter les toxiques à partir de leur source d’émission. Elle est recommandée de préférence à la ventilation générale lorsque la disposition du poste de travail le permet.
La modification des procédés de travail.
Remplacement des procédés de travail polluants (c’est à dire des procédés entraînant le dégagement de toxiques dans l’atmosphère) par des procédés de travail propres (non polluants) ou au moins, par des procédés peu polluants.
Exemples : le procédé d’application des peintures par pulvérisation pneumatique (procédé très polluant) peut être remplacé par le procédé d’application par pulvérisation électrostatique (procédé propre).
Dans ce dernier procédé toutes les particules de la peinture en poudre aboutissent sur l’objet a peindre, seules quelques-unes peuvent échapper à l’attraction de l’objet et se disperser dans l’atmosphère.
L’humidification.
Création d’une atmosphère plus ou moins humide afin d’éviter que les toxiques pulvérulents (poudreux) ne se soulèvent et se dispersent dans l’atmosphère au cours des opérations de traitement ou d’utilisation.
L’opération doit être utilisée avant le traitement car une fois le produit pulvérulent soulevé il devient difficile à abattre.
L’évacuation et le réglage des combustions.
Les moteurs fixes et les appareils a combustion doivent être reliés a des conduits évacuant directement les gaz d’échappement vers l’extérieur au fur et à mesure de leur production.
De même, les combustions des moteurs de véhicules et engins circulant a l’intérieur des ateliers doivent être minutieusement réglées afin de diminuer le dégagement de gaz. Ces mêmes véhicules et engins doivent être non surchargés et conduits d’une façon rationnelle.
Le contrôle de l’atmosphère.
La concentration des toxiques dans l’atmosphère des lieux de travail doit être surveillée d’une façon permanente. Elle doit être maintenue aussi basse que possible. Elle ne doit en aucun cas dépasser les valeurs limites tolérables fixées par la réglementation.
- La protection individuelle.
La protection individuelle consiste à éviter a l’homme l’inhalation des toxiques par le port de masques respiratoires qui sont des appareils destinés à neutraliser les effets des toxiques ou à isoler l’homme de l’ambiance (c’est à dire de l’atmosphère) dans laquelle ces derniers (les toxiques) se trouvent.
Il existe trois types de masques respiratoires : les masques filtrants, les masques autonomes et les masques à adduction d’air.
- Les masques filtrants qui neutralisent le toxique, l’absorbent ou le filtrent mécaniquement. Ils se composent d’un couvre-face, d’un raccordement et d’une cartouche filtrante. Ils sont utilisés dans les ambiances de travail où le taux d’oxygène de l’air est supérieur a 17% et le taux de concentration du toxique ne dépasse pas 1% (max 2%).
- Les masques autonomes qui procurent à l’homme de l’oxygène a partir d’une ou de deux bouteilles portatives d’air comprimé ou d’oxygène. Ils sont utilisés dans les ambiances de travail où le taux d’oxygène de l’air est faible (inférieur a 17%) et la concentration du toxique élevée (supérieure a 2%).
- Les masques a adduction d’air frais qui alimentent l’homme en oxygène a partir d’un compresseur d’air ou des bouteilles d’air comprimé ou d’oxygène (non portatives). Ils sont utilisés dans les ambiances de travail où le taux d’oxygène est trop faible ou nul et la concentration du toxique trop élevée.
Nota : Les masques respiratoires doivent répondre aux critères suivants : avoir un pouvoir d’arrêt élevé, permettre un bon confort respiratoire et une utilisation rapide et facile, assurer une parfaite étanchéité, être antiallergiques et faciles a entretenir.
c - L’étiquetage.
Les futs, les récipients et les emballages contenant des produits toxiques ou nocifs doivent porter obligatoirement une étiquette de danger sur laquelle figurent : Le symbole de danger, le nom du toxique, les risques qu’il peut présenter et, les conseils de prudence destinés a pallier ces derniers.
d - La signalisation de sécurité. Attention ! Matières toxiques.
Protection obligatoire des voies respiratoires. Protection obligatoire des mains.
Le premier signal doit être apposé a proximité ou sur les portes des lieux de travail où l’on utilise des produits toxiques ou susceptibles de dégager des gaz toxiques.
Il doit être apposé également sur les portes et les accès aux dépôts de futs, récipients et emballages contenant des produits toxiques.
Le second signal impose au personnel travaillant dans des ambiances toxiques le port de masques respiratoires lorsque les moyens de protection collective sont insuffisants ou inopérants.
Le troisième signal impose au personnel manipulant des produits toxiques ou travaillant en contact avec eux le port de gants imperméables. Gants en caoutchouc ou en matière plastique.
La propreté corporelle et vestimentaire.
Le personnel chargé des travaux de préparation ou d’utilisation des produits toxiques ou nocifs doit prendre obligatoirement après la fin des travaux de la journée une douche afin de débarrasser la peau des salissures qui y adhèrent : poussières et éclaboussures.
-Eviter de se laver les mains ou de les tremper dans un produit toxique liquide : risque d’intoxication par voie cutanée.
-Eviter de prendre les repas dans les locaux dans lesquels on prépare ou on utilise des produits toxiques : risque d’intoxication par voie digestive.
-Avant de prendre les repas, après avoir manipulé un produit toxique, veiller a ce que les mains soient très propres et lavées, si possible, avec un savon spécial.
-Les vêtements de travail (combinaison, tablier) doivent être fréquemment lavés, du fait qu’imprégnés de produits toxiques, ils peuvent être, a long terme, a l’origine d’une intoxication par voie cutanée.
Règles à observer.
Le personnel chargé de la préparation ou l’utilisation des produits toxiques doit être bien informé des risques auxquels il peut s’exposer ainsi que les moyens de s’en protéger.
Le local dans lequel s’effectuent les travaux de préparation ou d’utilisation des produits toxiques doit être conçu de façon à présenter une étanchéité parfaite évitant les fuites des toxiques vers les locaux voisins.
Les futs et les emballages contenant ou ayant contenu des produits toxiques doivent être conservés sous clé, loin de la portée de toute main.
Les futs et emballages contenant des produits pouvant dégager des gaz toxiques en contact de l’eau ne doivent pas être stockés dans des endroits humides.
- La prévention médicale
Ecarter des postes entraînant l’exposition à des produits toxiques, nocifs ou cancérigènes, les sujets au foie déficient ou fragile, les alcooliques ainsi que les sujets atteints d’affections de l’un des organes vitaux (cœur, cerveau, reins, poumons).
9- RISQUES D'INTOXICATION À LA MAISON.
Il se produit beaucoup d’intoxications à la maison dont les victimes sont généralement les enfants en bas âge et ce après l’ingestion de produits chimiques ou de médicaments trainant ça et là. Ces intoxications qui se terminent généralement de manière peu dangereuse, vu l’intervention rapide des services d’urgences, exposent parfois la vie a une mort certaine.
Signalons que des centaines d’enfants perdent la vie chaque année suite a une intoxication aiguë provoquée par l’ingestion d’un produit chimique ou d’un médicament.
Sources d'intoxications à la maison.
Les sources d’intoxications à la maison sont nombreuses et variées, on peut citer parmi ces dernières : la cuisine (matériel de nettoyage en général), la salle de bain (matériel pour se laver, se raser et se brosser les dents), la chambre (cosmétiques et médicaments), les toilettes (désinfectants et déodorants) et le garage (matériel d'entretien, carburant et autres liquides).
Précautions à prendre.
- Pour éviter les intoxications, on doit être très prudent, surtout si de jeunes enfants, d’un à trois ans qui vivent dans la maison
- Les produits chimiques de toutes sortes et les médicaments doivent être conservés dans leurs emballages d'origine. Il est très dangereux de mettre un médicament dans un emballage qui n’est pas le sien ou un liquide dangereux dans une bouteille de sirop ou de boisson gazeuse.
- Les produits chimiques et les médicaments doivent être conservés dans une armoire spéciale fixée au mur à une hauteur suffisante par rapport au sol pour que les mains des enfants ne l’atteignent pas.
- Les produits chimiques et les médicaments ne doivent pas être achetés en quantités supérieures aux quantités nécessaires puis jetés a la poubelle.
- Au moins une fois par an, les produits chimiques et médicaments non utilisés doivent être restitués au fournisseur ou au pharmacien. Les jeter dans des sacs poubelles peut mettre en danger certains jeunes enfants et de nombreux animaux.
10- L’UTILISATION DE TOXIQUES EN GUERRE
Les toxiques ont été utilisés pour la première fois au cours de la première guerre mondiale (1914- 1918) par les allemands contre les armées ennemies. Ces toxiques étaient, sous forme de gaz, a savoir : le chlore et le sarin qui, transportés par le vent vers les troupes de soldats, leur avaient provoqué de graves dommages, d'autant plus ces derniers ne connaissaient pas encore ce genre d’arme nouvelle et ne savaient pas aussi comment s’en protéger.
Connus maintenant sous le nom d'armes chimiques, ils ont entraîné a l’époque, au cours de cette première guerre mondiale, selon certaines statistiques, la mort de plus de 92000 soldats et provoqué des problèmes graves de santé a plus de 1 300 000 autres,
Ils affectent les nerfs ou provoquent des brulures et des cloques sur la peau, ce qui signifie qu'ils étaient des irritants pour le système nerveux central ou des corrosifs ou caustiques cutanés.
Les gaz irritants, dont le plus connu est le sarin, agissent sur le système nerveux central et provoquent: des maux de tête, des saignements du nez, des nausées et une vision floue, et si la quantité inhalée est importante, ils provoquent des vomissements, une transpiration abondante, une incapacité à se contrôler, une miction abondante, des douleurs abdominales, des difficultés a respirer, une augmentation des sécrétions bronchiques, des frissons soudains et même la perte de conscience, les crampes musculaires graves et la mort.
Les gaz caustiques ou corrosifs, dont le plus connu est le gaz moutarde, affectent la peau et provoquent de graves infections. Ils entraînent des démangeaisons excessives avec une sensation de brulure de la peau dans les premières heures, puis ils provoquent l'apparition de cloques remplies d'un liquide jaune, très douloureuses qui ne se cicatrisent qu'après plusieurs mois. De plus, ils causent le cancer et altèrent le patrimoine génétique, donc ils ont un effet sur la descendance.
Ce cours élémentaire s'adresse en particulier aux étudiants des instituts de toxicologie, de chimie et de pétrochimie, et en général aux professionnels et aux personnes chargées de protéger la santé des travailleurs contre les intoxications professionnelles et les cancers auxquels ils peuvent s’exposer durant leur carrière professionnelle.
Il s’adresse également aux laborantins qui passent leur temps à manipuler différents produits chimiques dangereux pour leur santé et leur sécurité. Les médecins de travail peuvent y trouver, eux aussi, des informations intéressantes.
L’objectif de ce cours est de donner un large aperçu sur les toxiques industriels, leur nature, leur classification, leurs modes de pénétration dans l’organisme humain, leurs conséquences souvent désastreuses sur les différents organes du corps et enfin comment les prévenir, c’est-à-dire comment se protéger contre ces dangers menaçants.
Enfin ce cours est structuré de façon à garantir le but pour lequel il a été conçu, celui de faire bénéficier les étudiants et les professionnels en la matière de plus de connaissances au fur et à mesure qu'ils avancent. C'est un cours qui s'adresse bien aux profanes qu'aux professionnels sans oublier ceux les curieux voulant élargir ou approfondir leurs connaissances.
Les intoxications alimentaires, médicamenteuses et celles d'origine animales ne sont citées dans ce cours que pour mémoire.